MARX AU 21ème SIECLE ?

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    Démocratie représentative

     

    Le parlement = le parler menteur (le prix d'un parlementaire 1953 Boris Vian)

    Voir ce que nous coûte notre "noblesse d'Etat": (Le cri du contribuable n° 62. 27-12-2008)
    Voir en fin de rubrique "démocratie directe"

    LE DEGUISEMENT DEMOCRATIQUE DU CAPITALISME
    (mis en place en Janvier 2007)

    En son temps, Marx avait bien énoncé une telle chose, mais il avait aussi écrit qu'il valait mieux la démocratie " bourgeoise " que pas du tout.
    Sur le plan historique la démocratie représentative est née avec le capitalisme. Au moment où les bourgeois ont voulu se saisir du pouvoir contre la monarchie, ils se sont donnés cet instrument. Il s'agissait pour eux principalement:
    -de prendre en mains le parlement pour contrôler les impôts et la monnaie afin de n'être plus des prêteurs jamais remboursés !
    -abolir les corporations : c'est-à-dire constituer la libre concurrence comme principe de gestion de la société. Plus précisément cette abolition instituait la libre entreprise et la fin du contrôle social sur les techniques, et les prix.
    -établir la propriété privée totale de la terre contre les éléments existant de propriété nationale (du sous sol entre autres) et de propriété collective.
    -établir une justice et une police pour leur propre compte.
    Mais dans le mouvement de la révolution de 1789, il convenait d'associer une partie du peuple à cette initiative par le biais du suffrage censitaire, et de déguiser cet instrument en " souveraineté populaire ". Ainsi, tandis que les nouveaux possédants travaillaient pour leurs propres intérêts, ils prétendaient en même temps être l'expression de la voix populaire.
    Il est évident que tout principe démocratique se heurte d'emblée à la minorité qui possède l'essentiel de la terre et le système d'entreprises. Mais au-delà de cette remarque, certes fondamentale, il convient de passer au crible le contenu même de la démocratie représentative, même si le " suffrage universel " l'a rendue plus accessible au peuple masculin sous la 3ème République en France, et au peuple féminin en 1945.

    La question du mandat impératif.

     

    Le principe fondamental de la démocratie représentative est d'interdire ce qu'on nomme, en droit constitutionnel, " le mandat impératif ", au nom de la liberté de conscience du " délégué-député ". Il s'agit de permettre à ce dernier de ne pas se sentir engagé par une promesse électorale face à une situation qui exigerait de lui qu'il examine à nouveau le pour et le contre de son engagement..
    Autrement dit, par principe, le " délégué " ou député est délié de toute promesse électorale, de tout programme électoral. Il est par définition hors de tout contrôle populaire. Il rsique seulement de ne pas êttre réélu.

    A l'argument "le député" peut faire ce qu'il veut, on peut répondre à cela " c'est dangereux pour lui, il ne sera pas réélu ".C'est pourquoi, face à cette difficulté, le député va établir des liens personnels de clientèle, de relations privilégiées avec une partie des électeurs. Le clientélisme supplée ainsi avantageusement au mandat moral dont les citoyens imaginent naïvement qu'il est l'élément fort de la relation entre électeurs et député. Le clientélisme est le fondement même de la démocratie représentative. Ce ne sont pas les africains qui l'ont inventé, c'est nous, c'est un principe constitutionnel indirect. Si le clientélisme semble avoir pris le pas sur la démocratie en Afrique, c'est parce que les citoyens sont tellement démunis de tout, qu'ils se saisissent de cet instrument importé de l'Occident pour en faire le moyen d'obtenir quelque avantage, en faisant valoir naturellement les appartenances d'ethnie. Ce ne sont pas les africains qui ont dévoyé " notre démocratie ", ils se sont appropriés le clientélisme induit par nos principes démocratiques, pour avoir un peu…
    En fait, les proportions entre démocratie et clientélisme sont fonction du degré de bien être ou de misère du peuple.
    En outre, le député, qui en réalité n'est pas un délégué à qui on pourrait demander de rendre compte, n'est mandaté que par son parti, et par sa classe sociale. " Avec mon parti, nous promettons ceci ou cela…votez pour nous ! ". D'ailleurs les campagnes électorales ne sont pas fondées sur l'appel à la responsabilité, au contrôle, à l'intelligence, mais sur la gouaille, les trémolos, la manipulation, le charisme. On est donc loin de la responsabilité immédiate du délégué élu par une assemblée de citoyens à la base, ou du principe élaboré par la Commune de Paris " le délégué-député doit rendre compte de son mandat et est révocable à tous moments ".
    C'est pourquoi, il ne vient à l'idée d'aucun député, face à une difficulté, de venir demander l'avis à ses électeurs " Que me conseillez-vous dans cette situation dont je vous donne les éléments ? ". C'est le parti qui va dicter aux députés la façon de voter au parlement. Un parti ne rend compte qu'à ses adhérents, et encore !

    La corruption est induite par la démocratie représentative

    On peut déduire de ce qui précède que la corruption est nécessairement induite par ce type de démocratie; entre autres par le clientélisme qui lui est nécessaire. L'élu municipal ou le député savent donc que leur élection sera fonction de la bonne ou mauvaise publicité qu'il va faire vis à vis des électeurs, et des avantages personnels qu'il va accorder à tel ou tel, ou à tel groupe social, ou tel groupe économique. Cela suppose donc des budgets considérables de campagne. Ces budgets sont eux-mêmes source de corruption. Si le député tente de s'attacher tel groupe par des dons pour être élu, lui-même va être soudoyé par des groupes économiques puissants, ou des Etats, pour dire ou pour agir dans tel sens, moyennant le financement de sa campagne. Cette corruption hiérarchique va dans tous les sens, et échappe largement aux électeurs. Les programmes sont abandonnés, les promesses envolées, seuls comptent les dons ou avantages au coup par coup. Et tout le monde tient tout le monde par la barbichette: "si tu ne fais pas ce que j'ai demandé, ou ce que tu as promis, je suis susceptible de témoigner et d'agir contre toi".

    Ceci n'a rien à voir avec un élu délégué des citoyens dans une assemblée populaire, et qui devra venir rendre compte de ce qu'il a dit, fait, tenté de faire, voté, dans telle instance.

    Un député honnête peut tenter d'agir ainsi en donnant le compte rendu de cequ'il a dit à l'Assemblée à ses élus, mais ça n'est pas fréquent. Et cela n'a rien à voir avec le travail de recherches de fonds et de relations pour la prochaine campagne.

    A cet égard, dce qui s'est passé à Corbeille-Essonnes au niveau de la Mairie est très intéressant. En 1995 Dassault l'emporte contre le maire traditionnellement communiste de cette municipalité. Comment ? En soudoyant par un travail minutieux des jeunes, des petites gens : financement des vacances, des permis de conduire, et autres... etc. L'électorat habituel du parti communiste tombe dans le piège. Ses membres deviennent sensibles aux dons immédiats et non plus à la réalisation hypothétique du programme, ou à l'idéologie "Je crois ce que je vois, je suis sceptique quant au reste". Ceci ca de pair avec la société consumériste à laquelle tous les citoyens sont attachés grâce au marketing politique de la majorité au pouvoir, avec l'assentiment de la gauche..

    Le PC ne réagit pas tant alors sur le fond, mais sur la recherche des failles juridiques du système Dassault. Bruno Piriou va enquêter pendant de précieuses années, qu'il aurait pu consacrer à l'éducation politique des jeunes et des citoyens, et à leur engagement concret pour faire des choses pour la communauté avec une relative liberté... Ce n'est aps ce qu'il fait. Il enquête comme un juge d'instruction sur les méthodes Dassault et sur leurs irrégularités, et devient un excellent policier... pour faire chuter Dassault qui avait reconquis à nouveau la municipalité en 2008 avec 170 voix d'avance... Est-ce ce dont les masses citoyennes ont besoin ?

    La morale veut que tous deux sont inéligibles pour leurs incartades réciproques... en Juin 09.

     

    (exemple de corruption : les députés anglais s'en sont mis plein les poches aux frais du contribuable, en faisant passer pour des frais professionnels, des petits et grand plaisirs... A-t-on chiffré ? Vont-ils rembourser ?? (entre autres le Monde des 27 et 28-9-09 p 6)

    Mais il n'y a pas que les députés anglais, c'est évident. Qui contrôle ces frais ?

     

    La question du salaire.

    La Commune de Paris avait édicté la règle selon laquelle un député ne devait pas toucher plus qu'un salaire d'ouvrier.
    Le SMIC est égal aujourd'hui à 1254,28 euros. Le parti socialiste demande qu'il soit relevé à 1500 euros. Un salaire moyen d'ouvrier s'approche des 2000 euros.
    Un salaire de député est de 20000 euros, soit 10 fois plus.
    Un député est en fait un haut fonctionnaire de l'Etat, il appartient à l'élite sociale, et il est effectivement au service de l'Etat. Il en respecte les fondements, le fonctionnement, les us et coutumes, et il n'a aucun rapport avec le peuple de base du fait de son statut social.
    A-t-on déjà vu un député réfuter réellement l'exploitation capitaliste ? Demander l'abrogation de la libre concurrence ? Des prêts bancaires à taux zéro pour les citoyens ? L'abrogation des licenciements ? La gratuité totale de la justice ? La réorganisation de la profession des avocats ? Exiger que soit rendue publique la diplomatie secrète du gouvernement… c'est-à-dire tout ce qu'on peut imaginer qu'un citoyen de base voudrait ?? Ce député serait traité de fou et pris pour tel. D'ailleurs il ne serait même pas présenté par un parti politique..!

    Si le parlement a pu faire voter, à une certaine période, dans l'après guerre, des réformes sociales importantes et a pu légiférer en matière de libertés démocratiques, ce fut d'une part en raison des rapports de force entre les classes existant dans le pays, mais également et surtout pour maintenir un équilibre entre les classes, ou préserver ce qu'on appelle la paix sociale. Il n'y a pas lieu d'en faire le procès ; tant mieux. Mais rien n'est définitivement acquis et tout peut être repris. Sous couvert d'une loi sur la délinquance, le ministre de l'intérieur, Sarcosy, vient de faire voter fin 2006 une loi qui est une déclaration de guerre contre la démocratie ; et que nous sachions, ça n'a pas fait grand bruit à gauche !! Mais depuis 2006, se succèdent toutes les lois de remise en cause des acquis en matière de santé, de retraite, de stabilité de l'emploi, de remise en cause de l'indépendance de la justice..

    En définitive la démocratie représentative est l'habillement nécessaire du capitalisme pour paraître démocratique, mais surtout pour préserver ce système économique et social. On l'a vu en novembre 2005, lorsque le gouvernement a fait valoir une loi des années 50 sur le couvre feu, pour réprimer les jeunes émeutiers, quels sont les députés de la gauche qui ont protesté ? Tous les députés ont fonctionné comme des fonctionnaires d'Etat, avalisant l'action de la police, de l'armée, de la justice.

    Peut-on en finir avec un régime par la démocratie représentative ?

    Les forums sociaux de 2006 auxquels ont participé en France de nombreux citoyens, ont cherché le meilleur programme et les meilleurs représentants de ce programme afin de se présenter à la Présidence de la République et à la députation. Cela n'a rien donné d'autre qu'une campagne électorale améliorée, qui s'est finalement rangée dans les rails du conformisme politique et social habituel.
    Nulle part n'a émergé la moindre critique contre la démocratie représentative ! Comme pour empêcher, de façon consciente ou non, toute réflexion à ce sujet, la gauche de la gauche a fait valoir, pour améliorer la démocratie, la " démocratie participative " par exemple, qui est devenu le cheval de bataille de Ségolène Royal, et toute une série de qualificatifs attrayants pour la démocratie, mais personne n'a osé mettre en cause ce qui paraît faussement être l'expression de la République, chacun s'appuyant sur cette fausse souveraineté populaire. On a même entendu certains demander des référendums fréquents, comme expression de la démocratie directe au service du peuple !! Alors que c'est un autre instrument de dévoiement de la démocratie et de la manipulation.
    .

    Mémoire courte ou mémoire manipulée ?

    En règle générale, si la démocratie représentative peut permettre au fascisme de s'installer (le nazisme à partir de 1933), sans passer obligatoirement par un coup d'Etat, elle ne permet pas et n'a jamais permis de transformer le capitalisme, à moins qu'un vote ne s'accompagne d'un mouvement populaire de grande importance ou d'une modification substantielle des rapports de force régionaux ou mondiaux (par exemple aujourd'hui dans les pays d'Amérique latine, sous des formes très diverses et parfois dévoyées).
    Quelques exemples oubliés…
    -Qu'on se souvienne d'Allende élu démocratiquement au Chili en 1970. Les services secrets américains se porteront au secours des grands propriétaires fonciers et de la grande bourgeoisie, à travers l'armée chilienne, et aideront le coup d'Etat de Pinochet en septembre 1971 à se défaire de la démocratie représentative qui avait permis (oh scandale !) de véhiculer des idées de réforme incompatibles également avec les intérêts américains.

    -Qu'on se souvienne du prêtre Aristide élu démocratiquement en Haïti en 1990, avec 67,5% des voix. Un coup d'Etat fomenté par la CIA le renverse. Aristide fuit mais son aura ne fait que croître dans le peuple. Clinton négocie un compromis : Aristide peut revenir en 94 mais doit promettre d'appliquer les recommandations du FMI au lieu de les pourfendre. Il a été manifestement " changé " aux USA, mais on ne connaît pas la part de malveillance dans le récit le concernant, de provocations sur place, de tyrannie de sa part.. Toujours est-il qu'Aristide est réélu avec 91% des voix, ayant aussi avec lui la bourgeoisie noire. Il réclame alors à la France les 90 millions de francs or extorqués à Haïti entre 1825 et 1885… (une longue histoire). Les USA et Paris organisent alors conjointement un coup d'Etat. On retrouve les ex lieutenants de Duvallier poussés par les USA (le père Bush) et … Regis Debray pour la France, qui lui demandera de démissionner. A l'issue de provocations diverses et variées, où l'épiscopat prend partie contre Aristide, ce dernier est tout simplement enlevé par l'armée américaine vers Miami pour … être jugé pour trafic de drogue. L'administration américaine ne va pas le suicider à la Allende mais a trouvé d'autres méthodes

    -Qu'on se souvienne de Lumunba, démocrate élu démocratiquement par les congolais en 1960 pour former le premier gouvernement du Congo indépendant. Lumumba a le grand tort de croire naïvement que le parlement et le gouvernement peuvent décider, par un simple vote, de changer l'armée, l'administration qui sont demeurées….belges. La Belgique répond : " on vous octroie l'indépendance, mais on reste, et rien ne bouge, surtout pas l'armée qui doit rester belge ! " Lumumba résiste. Le gouvernement belge fait alliance avec la bourgeoisie noire du Katanga minier. Lumumba, après deux à trois mois de gouvernement, est enlevé, torturé, assassiné et sa dépouille brûlée au cas où le peuple viendrait la chercher pour l'honorer. Le chef congolais de l'armée, Mobutu, mis en place par Lumumba, se plie volontiers au pouvoir belge, devient un dictateur et laisse piller le pays, en profitant des prébendes qu'on lui laisse… Cet exemple épouvantable illustre bien d'une part ce que fut la décolonisation en Afrique et ailleurs, et d'autre part l'impossible cohabitation entre un parlement démocratique à l'occidentale et le symbole le plus évident de l'Etat : l'armée, lorsque cet Etat est mis en cause par le parlement. Autrement dit la démocratie représentative, faible expression de la démocratie, ne peut être acceptable que si elle respecte l'Etat ou les Etats dominants. C'est pourquoi les députés doivent se comporter comme des fonctionnaires d'Etat. Ici la démocratie représentative apparaît dans ses pires oripeaux.


    Mais plus près de nous, le Hamas est élu démocratiquement en Palestine en janvier 2006. Ce vote ne convient pas à Israël, aux USA, et à l'Europe. Les vivres sont coupés. La démocratie représentative a bien fonctionné, mais pas dans le sens désiré par l'Occident. Un gouvernement ne parvient pas à se constituer entre le Hamas et le Fatah, corrompu et devenu minoritaire, parce que ce dernier veut faire des concessions majeures à Israël pour récupérer l'aide occidentale. Le Fatah, obéissant vis-à-vis des puissances ci-dessus, a envisagé de refaire des élections, qui, pour lui être favorables, devraient obligatoirement être truquées avec l'aide occidentale. S'égare-t-on ? Fin 2006 est rendu public l'envoi d'armes au Fatah par Israël. Avec une grande lucidité politique, un représentant du Djihad islamique de Palestine indique dans un interview, en janvier 2007, qu'il est impossible d'imaginer un fonctionnement normal de la démocratie dans un pays occupé, dont la libération n'est souhaitée ni par les Etats arabes, ni par les Etats occidentaux, et qu'il était illusoire de vouloir même constituer un gouvernement dans ces conditions. Le seul objectif, dit-il, " d'abord s'unir pour en finir avec l'occupation". C'est la raison pour laquelle son organisation n'a pas présenté de candidats aux élections.
    Démocratie représentative oui, mais aux ordres ! C'est le message qui est passé aux pays dominés par les occidentaux.

     

    Comment contourne-t-on la démocratie représentative ? Tout simplement en passant outre les votes !!

    LA TOTALE PERTE DE LEGITIMITE DES INSTITUTIONS EUROPEENNES

    Aussi , l'Union populaire républicaine titre le 3 octobre dernier (2009): " Un référendum pour rien ! " et expose les faits : " Le 12 juin 2008 , le peuple irlandais rejetait par 53,4% le traité de Lisbonne . Le 2 octobre 2009 , il s'est prononcé de nouveau , et favorablement , sur ce même texte sans qu'une seule virgule en ait été changée .

    " Un texte qui n'est lui-même qu'une reformulation délibérément confuse du traité constitutionnel européen rejeté par les électeurs français et néerlandais en 2005 .

    " Ainsi , quel qu'ait été le résultat , le second référendum irlandais ne pouvait être qu'une nouvelle illustration de la perte totale de légitimité des institutions européennes...

    " Si l'Union européenne était un système démocratique - ce qu'elle n'a jamais été et ne sera jamais -, il serait incapable de faire revoter un peuple souverain alors même que celui-ci vient de donner verdict .

    " Il ne serait pas davantage envisageable de priver de parole les autres peuples . Mais les peuples d'Europe ne vivent que dans une parodie de démocratie , le verdict des urnes , tout sondage d'opinion légitime , a cessé d'être politiquement contraignant .

    " Il faut en prendre acte avec le plus grand sérieux et mesurer ce que les dirigeants européens sont prêts à faire pour que leurs projet aboutisse . "


    Quelle démocratie pour l'avenir ?

     

    Il ne nous vient pas à l'idée, malgré tout ce qui précède, de désirer la suppression des parlements. Nous avons le souvenir, pas si lointain, et de sinistre mémoire, de la " Constituante " russe de 1918, donnant une majorité aux Socialistes révolutionnaires et aux mencheviks, tandis que les bolchéviks, qui avaient fait campagne pour elle, y étaient minoritaires. A peine élue, les bolchéviks qui avaient pris le pouvoir par un coup d'Etat, la dissolvait par les armes pour installer la dictature de leur parti. Il n'empêche que partout où se trouvent aujourd'hui leurs " descendants " politiques, une Constituante est demandée dans des situations révolutionnaires ou supposées telles. Pour en faire quoi ? Jamais la question du mandat n'est discutée.
    A notre avis, il conviendrait d'une part de faire campagne pour que les députés soient mandatés, viennent rendre compte dans leurs circonscriptions et puissent être révoqués. Il conviendrait également que le "métier" de député ne soit pas une planque financière (révision du salaire et du cumul des retraites)
    D'autre part il conviendrait de susciter des assemblées populaires, par grands quartiers de ville et de campagne (indépendants des circonscriptions), pour proposer des lois, et lui donner des pouvoirs d'exécution, avec des délégués, indépendants des partis politiques, élus et révocables par les citoyens. Double emploi ? Oui et non. Double pouvoir ? Oui pourquoi pas. Resterait à proposer quelle serait la part de pouvoirs pour chacun. Ceci ne règlerait en aucune manière la question fondamentale de la nature de l'Etat. Mais, dans des situations précises, le pouvoir des assemblées populaires fédérées pourrait être à même de faire face à l'Etat. Comment ? L'expérience le dira.

    Nous sommes pour une sertaine confusion du législatif et de l'exécutif; mais nous restons partisans de la séparation totale entre le pouvoir exécutif et le pouvoir judiciaire.

     

    Démocratie directe ?

    Il faut tenter de distinguer la démocratie directe de la pratique des référendums.
    La Suisse se gargarise de pratiquer la démocratie directe par les référendums (vote sur les minarets de décembre 2009), et beaucoup de politiques utilisent l'argument, qui est fallacieux. C'est prendre le côté formel des choses et l'apparence pour une pratique démocratique.


    Le référendum est une pratique populiste et démagogique où le résultat du vote sera en conformité en général avec la manière de poser les questions. Et des gens sont spécialisés dans la recherche des "bonnes" questions pour un "bon" résultat (le résultat désiré). Le référendum n'a rien à voir avec la démocratie directe.


    La démocratie directe est par opposition une décision prise par la base, réunie en AG ou en plenum ou en Conseil du peuple, toutes catégories populaires confondues, décision prise après la discussion et l'échange de vue les plus larges. Le caractère collectif de la discussion et de la décision est très important. (voir les conseils ouvriers et paysans entre février et octobre 1917 en Russie)

     

    (corrections en décembre 2009)

    revu en juin 09

     

    Point de vue sur un livre

    (mars 2010)

    Je lis les conversations entre le MAUSS et Castoriadis : "démocratie et relativisme", et je suis très déçue par le débat (je n'ai pas encore tout lu, juste la première partie).
    J'aime bien l'intro de Jean-Louis Prat, à ceci près que ça n'est pas la démocratie + la laïcité qui a permis aux sociétés occidentales de considérer qu'on pouvait modifier les lois, celles-ci ne venant pas de Dieu; c'est la bourgeoisie qui est cosmopolite et relativiste depuis longtemps, athée très souvent, mais qui garde le discours religieux pour un usage politique. La bourgeoisie souhaitait depuis longtemps modifier les lois, en finir avec les jurandes et l'opposition à la concurrence, pour établir la main-mise sur la monnaie, voter le budget... ça n'a rien à voir avec un quelconque lien avec les grecs. La bourgoisie naît en tant que classe en Europe, et impose SA démocratie, pour elle et pour maintenir la paix sociale, entre autres éviter le retour à la critique à la base des techniques nocives pour le peuple (les artisans).

    C'est important pour la suite du débat où Castoriadis pense que la capacité à mettre en cause le système social et économique vient des grecs et de l'Europe, sans émettre l'opinion qu'en Europe c'est la bourgeoisie qui impose cette capacité. Cela ne constitue absolument pas une supériorité ! Après avoir jeter par la fenêtre l'idée d'inégalité entre les sociétés, Castoriadis fait revenir par la grande porte la supériorité occidentale, en raison de cette capacité (ci-dessus) réduite à "une critique de soi" ! que ne pourrait pas posséder les autres sociétés, surtout pas les sociétés islamiques !! Qu'est-ce que c'est que ce truc là ?? Où se niche la xénophobie !!!
    D'abord la démocratie grecque c'est celle des propriétaires terriens esclavagistes ! Leur "critique de soi" est géniale ! Elle entérinne l'esclavage!
    Et la démocratie occidentale, c'est celle de la bourgeoisie. Cette démocratie bourgeoise a pour principale fonction de faire barrage à la démocratie à la base. Elle est son ennemie le plus efficace.
    Dans les sociétés islamiques, il y a très souvent des tribus, certes inégalitaires mais qui pratiquent une démocratie à la base; et il y a souvent l'organisation et le travail collectif dans l'agriculture. Que signifie "la critique de soi" (au sens précédent) dans un tel contexte ? Pourquoi les gens voudraient renoncer à ces systèmes ? Ils veulent juste des améliorations.
    Drôles de relents chez des intellectuels !