(voir mafia agro-alimentaire)
Un cliché commun à presque tous les politiques, et bien sûr aux écologistes, est de pointer la responsabilité d'une démographie dite galopante dans les difficultés à parvenir au développement.... ou dans les difficultés à diminuer les émissions de CO2... (CI du 19 au 25-11-09)
C'est un cliché qui escamote les vrais problèmes et qui frise le cynisme.
En effet la question de l'adéquation des ressources alimentaires et de la production au nombre des habitants de la planète, est totalement abstraite, voire largement absurde, dans la mesure où les deux parties de l'équation ne se trouvent jamais l'une en face de l'autre, puisque plus d'un tiers des habitants de la planète ne peuvent pas s'adresser à un marché (là où une offre rencontre une demande), et n'ont même pas un lopin de terre pour produire de quoi manger ou quand ils l'ont, n'ont aucun moyen de pratiquer ne serait-ce qu'une agriculture traditionnelle .....
La réalité est que le capitalisme s'accapare les terres pour produire des aliments industrialisés en surproduction, pour les faire payer dans cette situation de surproduction (voir "mafia agro-alimentaire"), et en détruire une bonne partie ensuite, avec l'interdiction que les populations hors marché y aient accès. C'est cela le principe de fond. On voit ainsi des populations occidentales malades de surconsommation, et des populations non occidentales en état de famine, ou ne pas pouvoir accéder à la nourriture.
En outre, le principe de cet accaparement aboutit à détruire toute production traditionnelle, autonome, autosuffisante, afin qu'elle soit assujettie à l'industrie, donc au profit. Les gouvernements occidentaux ne se posent pas la question de la protection des productions agricoles des pays non ou peu capitalistes, ils se posent la question de l'appropriation des terres de ces pays, pour les soumettre à l'industrie, ou pour en faire des terres réservées pour le tourisme occidental, par exemple en Tanzanie, au Kenya, à Madagascar etc etc . De ce point de vue, oui, les peuples pauvres font trop d'enfants; oui ils sont gênants; oui il faut les éliminer, si possible, avec le prétexte de la magnifique invention du "terrorisme d'A lQaïda"; oui il faut les exterminer pour prendre leurs terres et parce que le capitalisme ne peut qu'en faire des opposants irréductibles, et des poseurs de bombes.. oui il faut leur faire la guerre et détruire leurs pays pour ensuite se les approprier pour l'industrie; oui il ne faut pas leur donner de quoi s'instruire et se soigner; oui il faut produire une idéologie malthusienne de la croissance de la population pour n'avoir pas à dire ce qu'on souhaite réellement.
On sera bientôt 9 milliards de gens dans la monde, donc l'élimination de millions de gens en Irak, en Afghanistan, au Liban et en Palestine, au Congo, au Soudan, en Somalie, au yemen etc etc, n'est pas suffisante !
Face à cela, nombre des gens et d'ONG sont tout de même réservés pour aborder ce sujet ! On le serait à moins. Mais les journalistes n'en ont cure : "Démographie, le grand tabou", titre le Courrier International (19 au 25 novembre 2009) sous le nom de Tom Levitt.
Dans un autre n° de CI (11 au 17-2010), on lit sur la Tanzanie que les bergers massaïs sont chassés de leurs terres pour le tourisme occidental... parce que le gouvernement vénal de ce pays, comme tous les gouvernements d'Afrique (mis en place ou à la solde de l'Occident), vend des terres de ses nationaux aux occidentaux. Les massaïs n'ont plus qu'à mourir de faim. Il y aura sûrement une bonne âme pour dire qu'ils font trop d'enfants... cat le tourisme devrait permettre le développement (!!) avec l'argent qu'il rapporte, mais pour qui ?
Par contre la question du droit à l'espacement des naissances pour les femmes de tous les pays, est un droit fondamental, à distinguer de ce qui précède.
Il est bien plus intéressant pourtant de poser la question de la surconsommation occidentale, dans tous les domaines. Mais peut-on la résoudre puisqu'il faut au capitalisme surproduire ? Produire juste ce qui est nécessaire est incompatible avec le capitalisme, est incompatible avec la croissance, c'est bien pour cela qu'a été inventé le crédit, afin que tout un chacun en Occident vive au-dessus de ses moyens pour acheter, acheter....
Dans ce cadre, il y a en Occident trop de production agricole (dont une partie sera payée mais détruite), trop d'élevage, trop de pollution, et ailleurs pas asez de production, un élevage souvent précaire, et beaucoup de misère. Ce n'est ni une mauvaise gestion, ni un défaut de conception. C'est la norme capitaliste.