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    Désindustrialisation, que faire ?

     

    La riposte immédiate à des fermetures d'entreprises qui fuitent dans les pays du Tiers monde, comme par ex PSA qui supprime des milliers d'emplois en Europe en 2011-2012, pour aller s'installer au Brésil, devrait être, sans aller plus loin, dans un premier temps:

    -l'interdiction absolue de délocaliser, peu importe les conséquences sur les profits qu'espère faire l'entreprise. Mais les gouvernements sont acquis à la mondialisation. Ce n'est pas le PS qui va y contrevenir, et la socialdémocratie en général.

    Dans un deuxième temps, si l'on voulait protéger de façon efficace l'industrie nationale, il conviendrait de revenir sur la libre circulation des capitaux, de supprimer le libre échange, de rétablir la protection douanière des activités à protéger, et de rétablir la distinction stricte entre les activités de dépôts et les activités d'investissements dans le fonctionnement des banques. Mais ces mesures sont ouvertement condamnées par les suppôts de Milton Friedman, des Chicago Boys et du capitalisme débridé organisé à la fin des années 80 par Reagan aux USA, puis Thatcher en GB, puis le PS en France et la social démocratie en Europe..

    Mais il convient de poser très immédiatement des questions plus fondamentales; en effet nous ne pouvons avoir comme perspective le "souverainisme", c'est à dire la défense d'un capitalisme national protecteur, et non pas finalement des intérêts des travailleurs.

    En effet, la partie de la bourgeoisie qui veut sauver sa peau dans le cadre national, parce qu'elle n'a aucune chance de le faire dans le cadre de la compétition internationale, va doublement exploiter les travailleurs à l'intérieur des frontières.

    S'il faut préserver la production nationale, parce que c'est le bon sens qui le dicte, ce doit être par l'intermédiaire des travailleurs eu-mêmes, se saisissant des entreprises et de la terre, dans une gestion non pas étatique, mais collective, dans des organes de pouvoir à la base. La question du salariat est donc posé de suite.

    Seuls les travailleurs pourront eux-mêmes poser et répondre à ces questions: Est-il souhaitable de produire à qui mieux mieux des voitures, et des marchndises à tout va, pour vendre, à tout prix, tout et n'importe quoi ? Ne faut-il pas définir ce qui est raisonnable de produire pour répondre à des besoins immédiats et à long terme ? Ne faut-il pas le faire avec les intéressés, c'est à dire avec les citoyens ? Va-t-on défendre le principe des entreprises qui produisent trop de voitures au lieu de prévoir les faire réparer, qui rafinent du pétrole, qui produisent des emballages, des dizaines de marques de yaourts, des quantités de produits inutiles à répertorier, qui produisent 4 fois trop de pain qui est jeté, 2 à 3 fois trop de nourriture industrielle qui est jetée.... etc etc

    Ne faut-il pas réparer tout ce qui est réparable et en finir avec l'idée de jeter car "c'est pas cher" ? Ne faut-il pas faire le bilan du gaspillage ? Na faut-il pas produire une autre énergie ? Ne faut-il pas produire autrement ? Ne faut-il pas ouvrir la liberté à des petites productions locales ?

    Ne faut-il pas en finir avec le principe de "libre concurrence" (voir la rubrique "libre échange et libre concurrence"), de compétitivité, de productivité ? Et définir avec les citoyens dans des Comités d'usine, dans des assemblées de quartier, des assemblées régionales, ce que l'on garde comme petites industries, et relancer massivement un artisanat qu'on décide de ne plus saigner financièrement ? Il s'agirait évidemment de réorienter totalement la nature des emplois !

    La désindustrialisation capitaliste laisse des villes exsangues, des populations désespérées, des jeunes oisifs qui se lancent dans la drogue et les gangs pour survivre... Rien n'est proposé à ces populations qui finissent par être jetées à la rue, particulièrement aux USA, et qui se jettent dans les bras des nationalistes fascisants, par désespoir.

    Selon nous, il faut tout faire pour créeer les conditions d'existence d'assemblées ou collectifs populaires, où les citoyens puissent définir ce qui leur est utile. Il faut se saisir de tous les problèmes qui détruisent la vie des gens.

    Certains clament "A bas le capitalisme"... ok, mais que veulent-ils mettre à la place ?

    La peur des "masses" semble être bien partagée par ce qu'on nomme la gauche et son extrême. Les "gens qui savent", les spécialistes, les experts feront tout pour passer par dessus un vrai pouvoir populaire, et refuser de lui ouvir la voie, exactement comme la bourgeoisie et tous les dirigeants dits ouvriers.

    Novembre 2011

     

    LINGERIE LEJABY à YSSINGEAUX

     

    Les 450 salariés, essentiellement des femmes, demandent l'intervention de l'Etat pour protéger l'entreprise minée par la concurrence internationale. Elles ont raison, mais c'est l'Etat qui les a menées en bateau. Si elles ne s'en tiennent qu'à cela, elles seront encore trompées, et elles sont déjà trompées. Le syndicat FO lui aussi n'ouvre comme seule perspective: l'aide de l'Etat.

    Or la fermeture de cette entreprise concerne la vie de toute la région, les emplois dérivés, les commerces, les écoles....

    Appeler à occuper l'entreprise, avec l'aide de toute la population, sous la direction d'une assemblée populaire d'Yssingeaux, serait sans doute la voie à suivre... En obligeant certes l'Etat, avec l'argent des citoyens, à protéger l'entreprise, mais sous la direction de la population et des travailleurs d'Yssingeaux.

    Janvier 2012

     

    LA FAILLITE DE COFINOGA, SOCIETE DE CREDIT à TOULOUSE.

    Annonce faite le 20 janvier 2012 à la radio.

    430 salariés concernés sur 2000 en France.

    Défendre l'existence de cette société de crédit ? NON !

    Cette faillite pose en concentré tous les problèmes dont nous débattons. Un salarié concerné intervient à la radio et dit "Nous avons bien conscience que Cofinoga contribue à aider à ce que des milliers de gens tombent dans le surendettement. Mais c'est notre métier qui est en jeu".

    S'il faut soutenir le réemploi sans condition des salariés de Cofinoga, il est insoutenable que nous défendions Cofinoga, expression du capital financier rapace, spéculant sur la misère des petites gens, en leur imposant des taux d'usuriers, en les pourchassant, en risquant de provoquer l'expulsion de leur logement.... Certaines bonnes âmes disent "oui mais si ces maisons de crédit n'existaient pas, où les gens trouveraient des prêts pour finir les fins de mois et manger ??"

    Occuper COFINOGA, occuper les banques qui sont derrière, demander l'abolition des taux usuraires, exiger des prêts à 1% , avec contrôle de commissions de citoyens élus et révocables pour juger à qui l'on doit prêter. Réemploi des salariés de Cofinoga dans des structures citoyennes de prêts, avec l'aide de l'Etat certes pour commencer...

    Toute autre proposition serait bienvenue ! Le débat est ouvert !

    D'autant qu'il est question, si nous avons bien entendu, de délocaliser les fabrications en Tunisie. Est-ce une façon d'aider les tunisiens, en les payant moitié prix ? Abolir le libre échange entre la Tunisie et la France est capital. Le libre échange a ruiné ce pays depuis deux siècles, a fait disparaître toutes les productions locales....

    20-1-12