MARX AU 21ème SIECLE ?

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    BARBARIE, PARASITISME, IMPASSES....

     

    -Production capitaliste et parasitisme.

    -Les mots de la barbarie: un film

    -General Motors

    -EDF

    -Capital Financier

    -Stiglitz et la guerre en Irak

    -Un film sur le néolibéralisme

     

    -Production capitaliste et parasitisme

    La production capitaliste n'a pas pour objet de satisfaire à des besoins mais de produire du capital pour la classe dominante, par l'intermédiaire du profit. Au passage, il faut bien que cette production remplisse apparemment la fonction de satisfaire des besoins, sinon la production ne serait pas vendue. Plus le capitalisme se développe, plus la distance entre les besoins et la production s'élargit. Mais le mode de vie, la publicité doit précisément combler cette différence. C'est ici qu'intervient le mécanisme de trassformation des besoins réels en besoins qui intéressent le capitalisme (quant à leur forme et leur contenu), ou la création de faux besoins. Il faut convaincre le public, le salariat d'acheter ce qui est proposé et toujours plus, en lui faisant intégrer que cela correspond exactement à ce qu'il désire. La tâche du marketing va consister par une publicité très bien étudiée à soumettre la population à des besoins continuellement nouveaux. Mais les marketteurs ne diront jamais qu'ils contribuent à créer des besoins; ils diront que leur tâche est de découvrir les besoins cachés des consommateurs. Pêle mêle, les besoins de gadgets, de jeter les chaussettes qui ont des trous, d'acheter des vêtements bien plus qu'il n'en faut, de changer de voiture tous les 3 ans, de renouveler son mobilier continuellement, de ne plus rien faire réparer mais de racheter, de considérer qu'un ordinateur de 5 ans est une vieillerie, font partie d'un genre de vie et de ce qu'on appelle "la production de masse" ou la société de consommation qui vise à impulser l'idée que les oppositions de classes s'aplanissent dès lors que le même genre de vie s'impose à tous.

    C'est la société du gaspillage et de la destruction de masse des matières premières, des moyens de production, des biens et de l'environnement.

    Mais comment continuer d'exploiter toujours plus, tout en faisant acheter toujours plus.. ? Il n'y a là qu'une opposition apparente. C'est le crédit qui va régler pour un temps la question en attachant encore plus le salarié à la société de consommation, lequel ne va bientôt vivre que dans la perspective de travailler pour rembourser ses crédits pour pouvoir acheter, et reprendre de nouveaux crédits..etc. C'est tout le problème des subprimes.

    Le pilier de l'économie capitaliste, ces dernières cinquante années, est la production automobile qui induit un nombre considérable de productions en amont, et par suite d'emplois. Et qui induit un genre de vie, un mode d'habitat, un mode touristique, une conception de l'individu formaté très éloignée du développement de sa fonction créatrice intime...

    Les emplois, en système capitaliste, sont évidemment totalement dépendants de ces productions parasitaires. Le salarié, en défendant son emploi, défend à son insu, le mode de production capitaliste et sa fonction parasitaire. Mais il défend ce qui est, donc il combat le principe de concurrence qui fait que toute porduction doit se transformer, ou disparaître au profit d'une autre. Donc il est l'empêcheur de tourner en rond... il est contre "l'évolution des techniques" (c'est à dire les nouvelles productions capitalistes)... C'est ainsi que les syndicats de salariés combattent pour sauvegarder les emplois dans le nucléaire, l'armement, les pesticides, les engrais chimiques etc etc. La défense de l'emploi ne s'accompagne jamais d'une volonté de redéfinir le type de production en fonction de besoins réels (qui devraient être jugés par les citoyens réunis à la base).

    Dans une période de croissance l'emploi dans l'automobile a un effet multiplicateur de 8 au niveau de l'emploi en amont. Il suffit que cette industrie s'effondre à la suite de méventes ou d'une concurrence féroce faisant disparaître certains types d'automobiles, pour que des pans entiers d'industries ferment.

    La capacité de production des industries automobiles était encore en 2008 de 86 millions d'automobiles, comprenant une production excédentaire non divulguée, régulièrement détruite. Cette capacité est tombée à 31 millions en 2009: crise économique, crise de l'environnement, crise de l'énergie.

    La concurrence aurait dû nettoyer le marché en faisant fermer une quantité de producteurs. C'est ce qu'on appelle en termes capitalistes "la sélection anturelle", qui n'est que la sélection du marché. Mais les effets sociaux auraient été terribles. D'où la prime à la casse par exemple.

    La réflexion a vite été détournée vers la voiture électrique, mais qui restera chère. Mais du point de vue capitaliste, il faut trouver une autre production qui permette de revenir à l'état antérieur de croissance à la crise et de ne rien modifier à l'objectif de la production. Un dessin d'El Pais sorti en juillet 2009, montrait une route pleine d'automobiles qui roulaient vers un abîme et s'écrasaient les unes sur les autres: peu importe leur distruction puisqu'elle auraient été achetées.

     

    -Les mots de la barbarie

    Il faut aller voir le film de KLOTZ, la "Condition humaine". Il établit la similitude entre le langage nazi et le langage de l'entreprise capitaliste financière. Klotz souligne le caractère neutre, froid, du vocabulaire employé par les deux systèmes, évacuant l'un et l'autre tout aspect humain dans les questions humaines sur lesquelles ils interviennent. Tout doit être traité comme s'il s'agissait de questions purement techniques.
    Le livre de Victor Klemperer " La langue du 3ème Reich " de 1933 avait déjà montré quel usage faisaient les nazis de mots et de phrases anodines pour désigner leurs pratiques d'assassins. Ce détournement du sens du vocabulaire, cette modification dans la destination des mots avaient inspiré Georges Orwell, après la 2ème guerre mondiale, pour écrire " 1984 ". Il avait carrément imaginé la simplification des langues et la suppression des mots jugés subversifs en vue de limiter les capacités à penser.
    Les économistes, sociologues, hommes politiques au service des dominants s'efforcent depuis plus de 20 ans de ne plus qualifier la réalité telle qu'elle devrait l'être, mais ils ont inventé des mots qui édulcorent la nature de ce que nous vivons, comme pour la rendre inintelligible, ou en faire une matière neutre et insipide.
    Nos gauchistes ou nos dits révolutionnaires de tout poil ont paradoxalement été conquis par cette attitude en refusant d'employer les mots qui conviennent ou qui fâchent pour évoquer la réalité que l'on subit : l'impérialisme barbare et parasitaire dont Lénine parlait en 1914 dans un sursaut de lucidité étonnant.
    Comme pour coller au " novlangue " cher à Georges Orwell, chacun à gauche s'accorde à parler du " néocapitalisme " ou du " néolibéralisme " pour trouver l'expression qui amoindrira le caractère insupportable du monde occidental actuel, ou qui neutralisera au mieux sa malfaisance. Il y a d'ailleurs tellement de mots en " néo ", pour exprimer on ne sait plus quoi, qu'un seul mot suffira bientôt pour camoufler la barbarie ambiante. Il suffira de dire " on est dans le NEO "

    Donc ce " NEO ", pour parler neutre, nous offre quelques chiffres intéressants en cette rentrée.

     

    -GENERAL MOTORS: UN DES SYMBOLES DU PRODUIRE TOUJOURS PLUS ! Une production ouvertement parasitaire.

    Les 73000 salariés de GENERAL MOTORS entrent en conflit le 24 septembre 2007 contre leur direction sur la question des salaires et de l'emploi. Les travailleurs peuvent tenir plusieurs semaines dans la grève, leur syndicat l'UAW a des réserves. Pour le constructeur, le coût de la grève se monterait à 12000 véhicules par jour (non fabriqués) (le Monde du 26-9). Pourtant il dispose de stocks pléthoriques, comme dans toute l'industrie automobile. Quel est l'enjeu ? " Un conflit de plusieurs semaines ferait basculer dans la récession l'économie américaine " titre le journal. Quelle signification ? GENERAL MOTORS, constructeur automobile, tire en réalité toute la machine économique en amont. Plus de fabrication automobile et toute l'industrie est mise gravement en difficulté ( ce qu'on vérifie complètement en 2009). Il est fondamental de fabriquer des autos pour cette raison, beaucoup plus que d'en vendre ! Et peu importe les voitures non vendues et stockées, le gaspillage et la nécessité de détruire, de temps à autres, les stocks, et plus souvent qu'on ne pense ! Le prix de vente d'une voiture correspond en réalité au prix de revient de plusieurs. Même les voitures les moins chères sont encore chères par rapport au prix de revient d'une seule. C'est ainsi que le capital fructifie sur la base de besoins fabriqués, de gaspillages éhontés, des richesses naturelles détruites, de pollution, d'un travail salarié à la chaîne débile et d'un salariat déboussolé dont les revendications de base s'appuient aussi sur la nécessité de produire toujours plus. L'exploitation du salariat dans le but de produire du capital s'appuie sur des pans entiers d'industries largement inutiles au genre humain……sauf à verser des salaires si l'on estime que le salariat est un genre de vie à la pointe du progrès humain, et que pour cette raison il doit avoir une existence éternelle ! Plus aucun syndicat de salariés ne dit " A bas le salariat ".

    Ceci constitue une impasse même du point de vue de la bourgeoisie.

    (le Monde du 19-1-09)

    Les Etats engagent des sommes folles pour maintenir l'activité des constructeurs d'automobiles (il faut continuer de produire des voitures et trouver le moyen de les vendre à tout prix), mais en imposant une contrainte aux constructeurs: rapatrier leurs usines délocalisées à l'étranger.

    Cette contrainte, pour produire de l'emploi, est en contradiction avec la nécessité de produire au moindre coût, et avec celle d'être compétitif par rapport à l'étranger. Protéger à tout prix les emplois rendra les constructeurs vulnérables à cette compétition internationale et créera les conditions d'une autre crise majeure (Pierre Briançon)....

    Commentaire: donc il faut faire fi des emplois, donc faire fi du pouvoir d'achat, donc créer les conditions d'une mévente encore plus grande.... Quelle solution ? Eh bien le crédit et encore du crédit, moyen pour faire acheter à tout prix et moyen pour soumettre davantage la population au système. Les subprimes sont nées ainsi.

     

    (Janvier 2008)

    On entend dire de plus en plus que le capitalisme n'est que financier et que le capital produit du capital tout seul sans le secours de l'industrie. C'est plus qu'une illusion, c'est une escroquerie intellectuelle aboutissant à camoufler la réalité du capitalisme. Il n'y aurait pas de capitalisme financier s'il n'y avait de capitalisme industriel. General Motors illustre parfaitement ceci. Mais cette entreprise illustre également le fait que la "croissance" du capitalisme repose sur une production matérielle ou de services toujours accrue, donc sur une production de plus value en expansion, sinon il y a crise. Le capital ne peut stagner, il doit croître. L'industrie doit donc produire n'importe quoi, n'importe comment, mais il faut produire... Donc il faut inventer toujours de nouveaux produits et vendre.

    La crise éclate dans cette industrie en 2005. La concurrence du Japon réduit les parts de marché de l'automobile US à 25%, contre 40% en 1980. les pertes pour General Motors (GM) sont considérables. La "structure des coûts est trop élevé". Les frais de retraite et de santé "explosent" (le nombre des retraités est deux fois plus lourd que le nombre des salariés à GM et ils reçoivent les fonds de pension gérés par l'entreprise) !

    Les ventes d'automobiles sont en chute libre. Pour vendre à tout prix des voitures en surnombre par rapport à la demande, GM offre des crédits à taux zéro (les banques font l'avance ?) et des ristournes pouvant aller jusqu'à 4000 dollars par voiture (Le monde du 21-4-05). Les surcapacités industrielles sont de l'ordre de 15 à 20%. Ces ventes permettent une réalisation (des coûts et de la plus value) au minimum. Ce n'est évidemment pas ce qu'attend le capitalisme financier qui piaffe..

    La question de l'emploi et des salaires se pose donc avec acuité. En septembre 2007 le riche syndicat UAW rompt les négociations et entame la grève (73000 salariés aux USA, 80000 au Canada). Celle-ci menace d'être plus dure que celle de 1970. Que nous dit-on ? Que la grève va faire perdre 12200 véhicules par jour. On pourrait penser, en termes logiques, que ça n'a pas d'importance puisqu'on nous annonce des stocks pléthoriques (dont le montant n'est pas donné). Mais il ne faut pas penser en termes logiques, mais en termes de capital. La pertede fabrication de 12200 véhicules par jour, c'est, au bout d'un mois, la perte de 1% de croissance (de PIB) pour le 4ème trimestre 2007. Et c'est toute la chaîne industrielle qui est touchée. En 1970, il y avait eu entre 1,5% et 2% de croissance perdue. (le Monde du 26-9-2007).

    Les contradictions sont les suivantes: il vaut mieux produire en excédent que moins produire, car derrière il y a la question de la plus value.

    Il faut vendre à tout prix, mais en même temps il faut baisser les coûts, donc les salaires, les dépenses de santé, les retraites pour riposter à la concurrence.Ce qui semble paradoxal.

    Pour sortir de l'impasse, il convient d'enfermer les salariés dans un système de crédits qui les prend à la gorge (voir les subprimes). Le crédit fait partie intégrante de la politique de réalisation de la plus value, sans laquelle l'industrie s'effondre. Les crédits à taux 0, ce sont des crédits bancaires à taux un peu plus élevés en faveur de GM, mais celle-ci devra payer. Le même système que pour les subprimes est organisé, sauf que GM ne tombera pas en faillite avant longtemps, et là, l'Etat renflouera.

    En réalité le capitalisme financier existe pour inventer toutes les combines possibles et imaginables pour s'emparer des salaires et de l'épargne jusqu'à la dernière miette, et ficeler les salariés, comme il met la main sur toute l'industrie pour lui imposer sa vision du profit. Mais il existe avant tout pour créer des chaînes de crédits, contrairement à ce que les économistes prétendent.

    Le système syndical, tel qu'il fonctionne, est en adéquation avec ce système, il ne le remet pas en question.

    Fin 2007, l'immobilier est en crise, ainsi que l'automobile aux USA. La récession est en marche en septembre. Mais le syndicat américain va sauver la situation

    Les subprimes prendront la relève.

     

    Suite sur General Motors: 12-2-08

    France Info 19h:

    Un plan social de grande ampleur vient d'être décidé à GM. En 2008 GM doit supprimer 74000 postes moyennant des compensations. Déficit record de l'entreprise. Déjà l'an passé 30000 départs volontaires avec compensations acceptées par les syndicats.

    Ces départs volontaires ne signifient pas la fermeture de l'usine, mais des réembauches de salariés deux fois moins payés avec couverture sociale réduite. Les médias informent que le syndicat des salariés de GM a accepté cette clause.

    Tout ceci est annoncé sans vergogne publiquement.

    Gageons qu'il faudra trouver des crédits "adaptés" pour faire acheter des maisons à ces nouveaux salariés, mais on pourra les mettre dehors et revendre à des salariés encore moins bien payés. Un turnover astucieux des maisons et appartements entre salariés débauchés et embauchés permettra peut-être aux constructeurs de s'y retrouver, à condition de former une police adéquate... On peut rêver à la place des banques, sauf si les salariés décident de s'approprier leurs habitations ! Rêvons du côté des salariés !

    ............................................

     

    1° juin 2009: Liquidation de GENERAL MOTORS et mise sous contrôle de l'Etat, encore 22000 licenciements aux USA !

    Nationalisation de GM (juillet 2009) : l'Etat US prend 60,8% du capital.

    Au 31 mars 2009, GM avait 82 Mds de dollars d'actifs, mais 172 Mds de dettes.

    En un an GM a perdu 20000 emplois. Certes ! Mais il faut réfléchir où employer utilement les chômeurs et non pas "comment récréer une industrie automobile"

     

     

    -Produire, produire, gaspiller et taxer ceux qui gaspillent le moins ! Une taxe pour EDF ??

    (Le Monde du 21-7-09)

    La société Voltavis, fondée en 2007, crée un boitier permettant d'arrêter automatiquement certains appareils électriques au moment des pics de consommation. Economies possibles de 5 à 10% d'électricité. Cela devrait éviter à EDF d'acheter de l'électricité, par ex à l'Allemagne. Mais...mais, c'est un manque à gagner pour EDF, Poweo, Direct Energie !!

    Du coup ces fournisseurs veulent une taxe pour couvrir ce manque à gagner !! En outre EDF veut une augmentation de ses tarifs de 10 à 20%, l'augmentation précédente n'ayant pas suffit.

    C'est un tel scandale que nous devrions tous suspendre nos paiements ou semer la pagaille dans ces paiements...En tous cas il faut traiter EDF de mécréant.

     

     

    -Parasitisme du capital financier

    Sur l'article d'Isabelle Pivert de mars dans le Monde diplo.
    Il manque à cet article intéressant d'une part le contexte de la modification du fameux Diktat de la "création de valeur", et d'autre part la critique de l'expression "création de valeur".

    La création de valeur et sa transformation en capital est le propre du capitalisme, donc l'expression est absurde. Il n'y a rien de nouveau. Il s'agit en fait, dans la décennie 80, du diktat de gros actionnaires qui n'ont plus aucun lien direct avec l'industrie et qui cherchent uniquement la meilleure rentabilité de leurs placements en se moquant du devenir industriel . Mais pourquoi ? Qu'est-ce qui a changé ?? Isabelle Pivert ne fait pas le lien nécessaire avec la grande transformation des années 80, à savoir la liberté totale de circulation des capitaux, qui fut une calamité: homogénéisation de tous les marchés financiers du monde, permissivité absolue de criculation des capitaux sans contrôle, réforme des marchés monétaires et financiers avec de nouveaux intervenants, facilités pour créer des obligations et de nouveaux produits financiers hyper dangereux, fin du soutien direct des banques d'affaires (dans ce contexte) aux industries, généralisation des fusions, rachats, OPA...Bref le capital financier se disjoint de l'industrie, mais il ne fait pas du capital avec du capital, comme on l'a vu écrire sottement, il s'appuie toujours et plus que jamais sur l'exploitation de plus en plus éhontée des populations en obligeant aux délocalisations à tout va pour tenir le coup face à une compétition débridée... C'est de cela dont il s'agit.
    Parler du "diktat de la création de valeur" camoufle la réalité ci-dessus. Ce n'est pas par hasard que personne ne parle aujourd'hui de la nécessité de revenir à un contrôle des capitaux, qui serait une entrave majeure aux paradis fiscaux ! On préfère parler de ces derniers pour la galerie de façon superficielle... Mais le Monde Diplo, devrait revenir à ces années 80 qui ont précipité la crise du crédit actuelle.

    mars 2009

    -Le point de vue de Stiglitz sur la guerre en Irak: gaspillage et crise alimentaire.

    L'économiste Américain Stiglitz dans son dernier livre sur la guerre à 3000 milliards de dollars a stigmatisé l'impasse actuelle. Il est intéressant de constater que cet auteur n'est pas un gauchiste mais un réformateur indépendant.

    Sur France Culture le 14-7-08 repassait l'interview donné en avril sur le livre de Stiglitz.

    En clair l'augmentation phénoménale des prix des produits alimentaires ne viendrait pas, selon lui, comme les médias se plaisent à le dire, de l'augmentation de la demande de l'Inde et de la Chine, en produits alimentaires tels que le blé par exemple.

    Cette croissance viendrait d'abord de la guerre en Irak qui aurait occasionné une telle demande d'énergie que cela aurait contribué à faire flamber les prix du pétrole au-delà ce qu'on pouvait imaginer.

    Suite à quoi, les gouvernements américains et occidentaux en général, ne voulant absolument pas modifier leur genre de vie, ni stopper la guerre, auraient envisagé de transformer massivement les emblavures de maïs et blé en vue de la fabrication d'éthanol, lui-même dépensier en énergie.

    Les réserves de blé et de maïs ont fondu face à une demande croissante.

    Dans le même temps ont été toujours plus découragées les agricultures traditionelles concurrencées par les produits du nord, d'où une pénurie et des risques de famines aujourd'hui.

    (point de vue à discuter)

    Juillet 2008

     

    -Néolibéralisme ravageur

    Le film "let's Make Money" d'Erwin Wagenhofer,sorti en 2009, définit le néolibéralisme comme ceci:

    -Liberté de circulation des capitaux et dérégulation financière totale au profit des banques (voir crise fiancière)

    -Libre échange total dans le sens des pays occidentaux vers les pays émergents, mais pas dans l'autre sens, ou peu. Mais par contre, les bénéfices des opérations économiques des occidentaux dans les pays émergents seront intégralement rapatriés. Ce qui entraînera entre autres le fait que le Ghana producteur d'or ne tire que 3% des bénéfices de cet or, tandis que les pays occidentaux gardent 97% pour eux (cf le film)

    -Diminution considérable du rôle de l'Etat dans le domaine social et économique (FMI et Banque Mondiale pour le Tiers monde, et Politiques de rigueur dans les pays occidentaux)

    -Privatisations massives par voie de conséquence.

     

    (il ne s'agit en réalité ni plus ni moins que du capitalisme à l'époque de l'impérialisme, quand le pouvoir du salariat a constamment régressé. Face à l'impérialisme pas d'organisation d'un internationalisme quelconque. C'est la brillante oeuvre du communisme soviétique !)

    L'objet du film était de montrer comment les banques ravagent le monde et les populations, font du profit, et se voient offrir la plus grande partie de l'argent public quand elles sont en difficulté. C'est une impasse pour le genre humain.

    Le film montre aussi comment les petits chefs capitalistes qui veulent leur part de butin se voient envoyer les "chacals" pour les broyer, dès lors qu'ils ne font pas exactement ce que veulent les puissants de ce monde. Un exemple, l'Irak. Sadam Hussein voulait vendre son pétrole autrement qu'en dollars pour élargir son marché à d'autres clients que les USA. Sadam Hussein n'a jamais cédé. Du coup, guerre de 1991, tentatives d'assassinats, mais Sadam se crée des sosies (ce qu'il niera).... ceci aboutissant à la guerre de 2003, à sa destitution, un pseudo jugement et à son exécution pour l'empêcher de parler.

    Le film montre le parasitisme capitaliste: Des promoteurs véreux en Espagne se font remettre des permis de construire, y compris dans des parcs régionaux ou nationaux; ils se font prêter de l'argent par les banques qui traitent avec les constructeurs du bâtiment, avec des chaînes d'investissements (comme dans les subprimes). Placements très lucratifs au départ, puis effondrement pour les promoteurs qui ne vendent pas les maisons et les appartements. Gaspillage innommable, face à une population souvent déshéritée et non logée....Des milliers de lotissements ou immeubles vides !

    Impasses qui à la longue deviendront mortelles pour le capitalisme lui-même.