(Il faut lire ce magifique texte de ce jeune français d'origine maghrébine. Nous attendons du côté de Sarkozy celui qui écrirait dans un aussi beau langage. Ceci est un texte littéraire qui devrait se lire dans les Lycées)
Dans la prose marécageuse de l'ineffable ministre de l'identité nationale et de l'immigration patauge _une créature aux élans de camarde. Tous les quinze ou vingt ans, depuis les indépendances et l'éclatement de l'empire colonial, et au gré des cycliques désastres économiques et sociaux, elle s'extirpe de la vase pour venir se rappeler au bon coeur du commun des Français. Plus que jamais la voilà, armée d'un rameau de ronces au bout d'une main sèche, flagellant " l'éparpillement identitaire" et éructant dans tout le pays des mots vieux, épris et pétris d'haleine chauvine.
Cette créature se met à traîner
dans tous les plis de nos vies et menace : " Nous allons une bonne fois pour
toutes fixer ce qu'être français veut dire. " Lancée
comme une ogive aveugle à fragmentation - qui cependant sait parfaitement
où elle doit frapper, la grande " consultation " de l'Etat sarkozyste
sur l'" identité nationale" est partie pour n'épargner
personne.
Et désigner à la vindicte en particulier celles
et ceux qui, une fois le débat clos, une fois réaffirmées
aux frontispices de la nation les " valeurs républicaines " et
la "fierté d'être français ", auront l'insigne déshonneur
d'en être jugés étrangers ou réfractaires, incompatibles
ou inaptes. Car c'est une frontière intérieure, un cordon de salubrité
identitaire, désormais labélisée avec l'assentiment de l'opinion
qui va nous être infligée de mains d'experts.
Ce n'est hélas
pas faire preuve d'imagination folle que d'anticiper l'issue du "débat
". Tant celle-ci se lit et s'entend déjà partout dans les médias
de grande audience. Il y a de très fortes chances que nous assistions d'une
part, au redéploiement d'une conception mythique, essentialiste,
ethnocentrée
de ce qu'est la France - avant .tout un pays européen de race blanche,
de culture gréco-latine et de tradition chrétienne, point barre.
Et
d'autre part, à la mise au ban de ce qui n'est pas et ne sera jamais la
France en des termes aussi peu neutres que rebattus. Les bandes ethniques, causes
de toutes les insécurités, les familles polygames, leur marmaille
circoncise et leur barbarie importée, les femmes qui se voilent, "s'emburqaïsent"
et les hommes qui les y obligent entre deux inaugurations de mosquées,
ou encore, ce rap qui tambourine les refrains criards de " la haine de la
France "...
Que sais-je encore ? Les historiens et philosophes de la
cour sauront, à n'en pas douter, enrichir cette liste de nouvelles catégories.
Le clivage aura en tous les cas la clarté de l'eau pure et le sens de la
nuance des partitions d'extrême droite : d'un côté, la France,
de l'autre, l'anti-France. Le corps sain, et l'appendice pathogène à
oblitérer. Ceux qui méritent d'aller et venir d'une part, ceux qui
doivent être frappés d'invisibilité d'autre part.
Le
débat sur l'identité nationale n'en est pas un. C'est une injonction
à l'affirmation ethniciste de soi. Un blanc-seing collectif à l'apartheid
qui vient.
Etre français, c'est avoir sa vie en France et rien de
plus. Cela ne s'interroge pas, mais se constate comme un botaniste constate-rait
la poussée d'un bourgeon. Ce qui devrait se questionner en revanche, et
de la plus forte des manières avant de le congédier, c'est l'identité
de ce pouvoir qui nous mène au mur, son irrépressible cynisme, sa
brutalité, sa morgue, lorsque dans les mêmes semaines, il aligne
blagues racistes, rafles et expulsions d'Afghans dont il occupe le pays, relaxe
pure et simple des policiers en cause dans la mort de Laramy et Moushin à
Villiers-le-Bel. Deux adolescents niés et invisibles jusque dans la qualification
des causes de leur mort.
C'est d'ordinaire le sacerdoce des anges et des démons
que de se mêler à la vie des hommes sans être vus. C'est la
honte de cette République que de nous offrir, à nous enfants d'immigrés,
cette affriolante perspective donc : vivre comme des démons, mourir comme
des anges. Nous ne sommes pourtant ni l'un ni l'autre.
(Le racisme est une forme dérivée de la lutte des classes. Il sert à détourner l'attention des vrais problèmes d'opposition sociale)
LA CONSTRUCTION DU DISCOURS
RACISTE AU COURS DE L'HISTOIRE
JUSQU'A NOS JOURS. (Mars 2007.7p)
INTRODUCTION
:
On assiste à la montée en puissance du racisme depuis 2001
dans les sociétés occidentales, mais ce racisme était déjà
prégnant en France et en Europe. Aujourd'hui il s'agit essentiellement
d'un racisme dirigé contre les musulmans, contre l'islam, contre les arabes.
Toutes sortes d'autres racismes prévalent aussi dans le monde mais l'islamophobie
est la principale caractéristique du 21ème siècle. Et c'est
un racisme d'Etat, venu des Etats occidentaux, principalement des USA depuis le
11-9-2001.
Il nous faut d'abord définir le racisme.
L'encyclopédie
Universalis nous dit, à travers la voix d'Albert Memmi, qu'il s'agit "
de la peur de l'autre, venue du fond des âges, la peur de l'étranger,
qui justifierait qu'on le haïsse et qu'on le tue "
Autrement dit
:
Le racisme serait constitutif de l'être humain, de la nature de l'homme.
La peur de l'autre et la méchanceté de l'homme auraient produit
le racisme, et bien sûr tout ce qui s'en suit comme la guerre, comme toutes
les atrocités qui existent.
Commençons par une brève
discussion sur ce problème. C'est devenu un cliché de dire que toutes
les horreurs du monde proviennent de la nature de l'homme, et qu'il est vain d'espérer
changer le monde parce que l'homme est par nature mauvais. Ce discours est tenu
aussi bien par des croyants que par laïcs.
Nous pensons que cette vision
des choses est une rhétorique de conservateur visant à justifier
les pouvoirs établis, les violences de classes, les inégalités,
les guerres.
Loin de vouloir prétendre que l'homme est bon par nature,
nous disons : l'homme a autant de capacités à être bon qu'à
être mauvais ; il est l'un et l'autre, et selon les circonstances c'est
l'un ou l'autre qui se met à l'oeuvre.
Les conservateurs n'ont crée
aucun discours type propre à mettre en valeur un certain nombre de réussites
humaines, et à les placer sur le compte de la mansuétude humaine.
Jamais il n'est question de se féliciter de celle-ci. Jamais la mansuétude
humaine ne fait partie de la nature humaine. Dans la nature humaine, il n'y a
que la méchanceté !!
Nous réfutons donc totalement la définition ci-dessus qui vise à pérenniser le racisme et à en faire une attitude humaine inéluctable.
Nous disons : le racisme, en tant que théorie, est constitutif du pouvoir, il est le produit du discours de ceux qui ont pris le pouvoir, et qui, pour le garder, utilisent la devise " Pour régner, il faut diviser et faire peur ".
Certains
répondront de suite que le " pouvoir " est constitutif de l'homme.
Faux. Il est constitutif de ceux à qui ont été déléguées
des responsabilités, sans contrepartie de contrôle, par naïveté
humaine. Or la naïveté ne relève pas de la bêtise mais
de la mansuétude ! Les hommes s'organisent naturellement entre eux, créent
des institutions, et si, par naïveté, par inexpérience, ils
confient des tâches à certains, qui ne seront pas contrôlées,
cette situation produira la possibilité pour ces derniers de n'écouter
que leurs mauvais penchants. A l'inverse, des hommes qui doivent rendre compte
et peuvent être démis de leurs fonctions au cas où, donneront
le meilleur d'eux-mêmes. Dans l'histoire, cela a été le rôle
de la démocratie directe, dans les petites communautés, de contrôler
l'activité des hommes ayant pris des responsabilités. De la même
façon, des communautés d'hommes (dites primitives par les occidentaux
)
avaient pour principe de ne garder que de faibles surplus et les épuiser
régulièrement dans des fêtes pour éviter aux mauvais
penchants de l'homme de s'approprier à quelques uns un surplus sans contrôle.
Tout
ce que l'on peut dire est que les possédants (de petits groupes d'hommes)
ont réussi dans l'histoire à s'approprier le pouvoir sans contrôle,
ou avec des contrôles illusoires, pour mener à bien la seule tâche
de garder leurs privilèges, et pour ce faire, de se donner le droit de
mettre le monde à feu et à sang.
Il a fut plus facile, historiquement,
d'apprendre à posséder le pouvoir, que d'apprendre à contrôler
les tâches humaines de façon démocratique, c'est notre conclusion.
La rhétorique " les hommes sont mauvais, ou, tant qu'il y aura des
hommes
" est fallacieuse et vise à conserver les pouvoirs et
la société en l'état. La tâche essentielle des humains
aujourd'hui est d'organiser ce contrôle, avant que les puissants ne détruisent
la planète.
Définition plus complète du racisme
:
Le racisme est le produit d'un discours construit par les institutions, politiques, religieuses (principalement le Vatican historiquement), par les Etats, par les classes dominantes, par certains partis politiques, par les médias, par la télévision .. en vue de diviser les hommes entre eux, de diviser les opposants, d'émietter toute révolte populaire éventuelle, pour pérenniser les pouvoirs en place..
Ce discours est destiné
à être intériorisé par chaque individu, pour devenir
sa chose propre ; il est distillé par la rumeur publique, par les prises
de parole, par les écrits ; il doit être répétitif,
insidieux, constitué d'affirmations lapidaires non prouvées, afin
de donner tous ses effets, lors d'une crise sociale, d'une révolte, d'une
grève, d'un cataclysme
et à ce moment là il "
apparaîtra " comme étant d'ordre religieux, ethnique, et comme
faisant partie de la malfaisance humaine.
En effet il peut, par la recherche
du bouc émissaire, disloquer la solidarité des différentes
parties d'un peuple, ou des peuples entre eux, contre les dominants, ou faire
disparaître la solidarité de classe des petites gens contre la classe
dominante.
Il faut bien distinguer ici deux choses différentes.
-la
constitution du discours raciste qui est une construction rationnelle des dominants
-et
la réceptivité différente des individus face à ce
discours: un faible de caractère, médiocre, du fait de sa vie personnelle
et familiale, va intérioriser le discours plus facilement. C'est plus ce
dernier problème qu'il faudrait sans doutes aborder de façon approfondie,
que celui de la haine spontanée de l'homme vis à vis d'un autre
homme, qui à mon avis n'existe pas spontanément. D'où l'intérêt,
pour les dominants, de donner une instruction, des infos, des pub, qui tendent
à soumettre l'homme, en vue de lui faire avaler n'importe quoi...
La
peur de l'autre n'est pas obligatoirement constitutive du genre humain :
De
la même façon que l'humain n'est ni tout bon ni tout mauvais, on
peut trouver maints exemples historiques d'accueils spontanés chaleureux
de l'étranger et d'absence de peur.
Par exemple Christophe Colomb arrivant
en conquérant dans les caraïbes, ce qu'il croit être l'Inde,
à la fin du 15ème siècle, est reçu par un peuple chaleureux,
qui loin de nourrir de l'appréhension, apporte eau et nourriture à
ceux qu'ils voient exténués et malades de leur voyage. Colomb parlera
de peuples gentils et
naïfs.
Maints voyageurs ont raconté
comment ils avaient fait le tour du monde et comment ils avaient été
reçus par tous les peuples, en particuliers les pauvres, avec chaleur et
curiosité.
Dans les grands empires, qu'ils aient été
d'Amérique centrale ou latine, ou par exemple les empires perses ou l'empire
ottoman, on trouve des mosaïques de peuples, vivant côte à côte,
ayant leurs langues, leurs coutumes, leurs religions, leurs habillements. Les
conflits étaient plus des oppositions de classes, paysans contre féodaux,
que des oppositions ethniques. Les peuples ont souvent collaboré, se sont
mélangés, se sont complétés, par exemple les agriculteurs
sédentaires échangeaient leurs produits contre des services d'élevage
et de commerce par le éleveurs nomades.
L'esclavagisme dans les sociétés
anciennes était le fait des classes dominantes contre les peuples les plus
fragiles.
Mais la coexistence est mainte fois soulignée entre les peuples,
telle cette frise de Persépolis en 518 avant JC, représentant les
peuples de la Perse venant saluer le roi une fois par an : on y voit les mèdes,
les arméniens, les turcs, les juifs, les draguiniens, les assyriens, les
peuples de l'Indus et les perses proprement dits, discuter entre eux en attendant
leur tour d'être reçus. Ou du moins, les artistes créateurs
de la frise ont voulu laisser le message historique de l'entente des peuples dans
la diversité, dans le royaume de Perse
On pourra certes trouver
des exemples contraires, mais souvent fondés sur les récits du danger
de la conquête des occidentaux blancs. Soulignons que lors du dépeçage
de l'empire ottoman, ce sont les Etats français et anglais qui conçoivent,
après le gouvernement " jeunes turcs "(1) nationaliste, la formation
d'Etats " ethniquement purs " et des découpages arbitraires de
l'empire, contre l'immense espoir d'une nation arabe, englobant toutes les cultures
et religions diverses du Moyen orient (les arabes sont en effet musulmans, chrétiens,
druzes, juifs
etc). Les liens de solidarité vont commencer à
être détruits au traité de Sèvres de 1923 et l'idée
de Nation autour d'une seule langue, d'une seule religion et d'une seule culture
va faire de ravages et se concrétisera autour de la perspective d'un Etat
juif :Israël.
Cette idée fera son chemin chez les colonisateurs
: " diviser pour régner "
Nous allons examiner comment se sont constitués les discours racistes autour de trois exemples.
I)L'antisémitisme chrétien.
Les racines de cet antisémitisme sont sûrement
lointaines mais il se manifeste en Europe et au Moyen Orient entre autre dès
la première croisade (1096-1099) où les juifs sont accusés
de faire cause commune avec les hérétiques, les sarrazins, les turcs.
Le pape Urbain II dira aux juifs qu'ils ont le choix entre " le baptême
ou la mort ".
Le concile de Latran de 1215 théorise cela. Les juifs
sont déclarés déicides par le Vatican. Ils sont exclus de
la propriété du sol et de certains métiers, comme les fonctions
d'autorité. Ils doivent avoir des habits distinctifs et être reconnaissables
car sont dangereux : une pièce ronde doit être cousue à leurs
vêtements sur la poitrine, et ils doivent porter un chapeau pointu.
Les
juifs deviennent dès lors ouvriers, artisans, prêteurs d'argent.
On les traite alors de fourbes et d'avares.
En 1231, le premier tribunal d'inquisition
est constitué pour lutter contre les hérésies (albigeois,
juifs, mahométans)
Au 14ème siècle, les juifs sont déclarés
coupables de la peste noire, car maléfiques et pactisant avec les forces
du mal. En 1348 à Saint André en Isère, un curé en
chaire désigne les juifs responsables de cette maladie : il y aura 4 morts,
ce qui n'est rien, car en 1349 le pogrom de Strasbourg fera 2000 morts pour les
mêmes raisons. Des motifs plus cachés présidaient à
ces pogroms périodiques : la nécessité d'éteindre
les dettes par la mort du prêteur.
Au 15ème siècle le pape
ordonne aux juifs et musulmans de se convertir en Espagne ou de partir. Ils partent
massivement vers le Maghreb, la Palestine, la Turquie.
Luther, lors du schisme
du 16ème, dira :" les juifs sont un fléau qu'il faut anéantir
". Les chrétiens protestants puiseront pour partie, là, leur
antisémitisme, qu'on retrouvera dans l'attitude des églises protestantes
en Allemagne sous le nazisme.
Les dominants tirent partie de cette situation. L'un des frères SINGER, prix Nobel, dans son roman " Les frères Askénasi " met en scène en Pologne au 19ème siècle, les grands patrons du textile (qui peuvent être juifs eux-mêmes) qui, pour briser une grève, jetteront les ouvriers non juifs contre les ouvriers juifs pour les disloquer et empêcher la constitution d'un syndicat. Ils reprennent à leur compte l'idéologie de l'inquisition.
La révolution française va donner la citoyenneté aux juifs et aux français, contre la notion de sujets soumis. C'est une conquête fondamentale mais réversible
En 1933, l'Etat allemand qui va devenir nazi, désigne de suite le bouc émissaire au chômage : les juifs. Et élabore à nouveau l'idée moderne d'Etat ethniquement pur par l'exclusion des juifs et l'idée de leur extermination (Le Monde diplomatique d'avril 2007 publie un article sur l'antisémitisme moderne conçu par les eugénistes américains dans l'entre deux guerres, dont FORD, connu pour ses liens avec les nazis). L'industrialisation permettra leur extermination industrielle. Les juifs sont traités d'accapareurs et de créateurs de misère parce qu'ils auraient accaparé l'économie et la finance
Pendant ce temps le régime de Vichy, comme les nazis allemands, reprend les dispositions du concile de Latran : l'étoile jaune cousue sur la poitrine, l'exclusion des juifs de certains métiers continuation de la mémoire historique des dominants !
Le grand capital prospère en même temps dans l'industrie d'armement. Les nations européenne et américaine, qui savent ce qui se passe dans les camps nazis, laissent faire (Lire " Fascisme et grand capital " de Daniel Guérin).
L'antisémitisme renaît sans arrêt : par exemple le Président iranien qui rejette en 2006 et nie la Shoah aux motifs que les sionistes d'Israël s'en prévalent pour martyriser les palestiniens ! C'est la plus mauvais service jamais rendu à l'antisionisme !
Et récemment les propos de Raymond Barre,
à peine condamnés, prenant la défense du préfet
Papon,
en disant qu'il n'a fait que son devoir
Ne parlons pas de Le Pen et de
ses amis.
II)Le discours raciste contre les noirs.
On connaît
peu l'esclavage noir, existant depuis des siècles de l'Afrique noire à
l'Arabie, par l'intermédiaire des marchands arabes, mais on connaît
mieux l'esclavage noir perpétré par les européens dès
le 16ème dans le commerce triangulaire, entre l'Europe, l'Afrique et les
Amériques en vue d'alimenter en main d'uvre les grandes latifundias
sucrières des Amériques. Une partie du capital accumulé par
les grands ports européens dans ce commerce sera investi dans les entreprises
libres, dès lors qu'elles seront " délivrées "
de la réglementation des corporations. Et ce sera l'ère industrielle
qui commencera.
On connaît " le code noir " élaboré
sous Colbert en 1685 qui édicte la manière dont on doit traiter
les noirs, à savoir comme des marchandises ou des meubles.
Plus intéressante
est la théorisation de l'infériorité noire par un grand philosophe
allemand du 19ème, dont s'est inspiré Marx, à savoir HEGEL.
Dans
" La Raison dans l'histoire, ou l'introduction à la philosophie de
l'histoire " de 1830 (collection 10-18), Hegel fait l'apologie du racisme
anti-noir, au motif qu'il n'y a pas de civilisation écrite sur le continent
noir.
Au moment où la question de l'abolition de l'esclavage se pose
et où la révolution noire en Haïti a donné la première
République noire, Hegel, se fiant aux écrits des aventuriers occidentaux
en Afrique et soucieux de propager l'idée de la supériorité
de l'homme blanc, écrit :
P 245 : l'Afrique est dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l'empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation ..C'est un pays dans l'enfance .enveloppé des couleurs noires de la nuit. .cela tient à sa nature tropicale et à sa constitution géographique.
P 250 : La conscience n'y est pas encore arrivée à l'intuition de quelque chose de solidement objectif, par exemple Dieu, la loi . Pas de reconnaissance de l'universel
P 251 : L'homme en Afrique c'est l'homme dans son immédiateté (pour Hegel, l'homme ne devient tel qu'en s'opposant à la nature) . C'est l'homme à l'état brut. Rien dans son caractère qui s'accorde à l'humain .état d'innocence état d'inconscience de soi .
P 259 : (après avoir évoqué l'anthropophagie) une telle dévalorisation de l'homme explique que l'esclavage soit, en Afrique, le rapport de base du droit..
P 269 : La condition des nègres n'est
susceptible d'aucun développement, d'aucune éducation. Tels nous
les voyons aujourd'hui, tels ils ont toujours été.
Dans l'immense
énergie de l'arbitraire naturel qui les domine, le moment moral n'a aucun
pouvoir précis
..
L'Afrique n'a donc pas, à proprement parlé
une histoire
Elle ne fait pas partie du monde historique, elle ne montre
ni mouvement, ni développement
.
Ce que nous comprenons sous le
nom d'Afrique, c'est un monde anhistorique non développé
"
On
dira que ces écrits datent de 1830 ! Certes mais ils préfigurent
et justifient le partage de l'Afrique en 1884 au congrès de Berlin, entre
les nations européennes dominantes.
A l'époque, d'autres pensées
avaient cours. Mais l'Europe, première région industrielle, voyait,
dans la supériorité de l'homme blanc, la preuve de son génie
et de sa supériorité, pensée qui a toujours cours et sans
laquelle Bush, soutenu par l'Europe, n'aurait pas entrepris de semer le chaos
et la destruction dans les 2/3 de l'humanité.
L'ère industrielle,
génie de l'homme blanc, ou génie également de la barbarie
??
(curieusement, Sarkozy a prononcé un discours très hégélien à Dakar fin juillet 2007:
"Jeunes d'Afrique, vous devez pouvoir acquérir hors d'Afrique la compétence et le savoir que vous ne trouvez pas chez vous (....)(1)
"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire (...). Jamais il ne s'élance vers l'avenir(...). Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme reste immobile au milieu d'une ordre immuable où tout est écrit d'avance (...). Il n'y a pas de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès (...)"
Ensuite le journaliste résume: Pour Sarkozy la salut du continent ne pourra venir que du métissage, de l'assimilation de la part de civilisation laissé par l'histoire (la colonisation ?)" Le Monde du samedi 28 juillet 2007.
(1) Si ces jeunes ne se noient pas dans la Méditerranée et s'ils obtiennent des papiers..! )
III)De l'islamophobie traditionnelle à
l'islamophobie moderne : expression de la pire des barbaries ?
1)Le
discours de l'Eglise.
Entre 1096 et 1270 il y eut 8 croisades demandées
par les papes et les rois chrétiens pour délivrer les lieux saints
des turcs, plus précisément des seldjoukides. La 2ème croisade
seulement fut victorieuse, puis les turcs chassent les européens, et les
musulmans récupèrent les lieux saints après la 8ème
croisade. Ils restent invaincus jusqu'à la bataille de Lépante du
16ème siècle.
Un écrivain libanais raconte les croisades
vues par les arabes, Amin Malouf. Les chrétiens représentent des
hordes barbares pour les arabes.
Se constitue alors au sein de l'église
un discours contre les " mahométans " et leur prophète,
comme étant schismatiques, hérétiques, fourbes. Et Mahomet
est déclaré " faux prophète " et imposteur.
Edward
Saïd , grand intellectuel palestinien devenu américain, fait le procès
de " l'orientalisme " en 1980, c'est-à-dire le procès
de la façon dont les occidentaux voient les arabes et les musulmans. Il
le fait au travers de l'étude de la littérature occidentale. C'est
ainsi qu'il voit en Dante Alighieri l'intellectuel de l'Eglise (1265-1321). Ce
fut un poète italien, célèbre par sa " Divine Comédie
". Sa vision de l'enfer est conforme aux préjugés de l'époque
et de la pensée de l'église.
Dante visite l'enfer et y rencontre
une multitude de gens, dont les pires se trouvent être avec Satan lui-même
: Mahomet et Ali au chant 28. Ce sont des fauteurs de schismes, des traîtres,
des semeurs de scandales. Ils sont condamnés à être éternellement
pourfendus de la tête aux pieds. Dans les limbes on y trouve ceux qui sont
dans " le désir éternellement insatisfait de voir Dieu "
(chant 4), c'est-à-dire les grands philosophes Avicenne (980-1037), Averroes
(1126-1198), avec Socrate, Platon, Saladin (qui vainquit les chrétiens
dans les croisades)
.. !
Averroes, condamné par les prêtres
de l'université de Paris, a écrit le magnifique texte " Discours
décisif " qui explique que la philosophie n'est pas contradictoire
avec le texte divin, car le prophète a précisément pris soin
de laisser son message ouvert pour permettre aux hommes la liberté d'interprétation.
Une telle pensée au 12ème siècle est éminemment moderne.
Lorsque les caricatures de Mahomet sont intervenues, de nombreux musulmans
y ont vu une résurgence des écrits du 13ème siècle
venus de l'Eglise et de ses proches.
2)Le discours occidental colonial.
Les
pays arabes vont faire l'objet de la colonisation occidentale, l'Algérie
en 1830, puis l'Egypte et le Soudan. Viendra ensuite le dépeçage
de l'empire ottoman. Se superposera au discours islamophobe traditionnel, le discours
colonial sur l'infériorité de la civilisation arabe, son archaïsme,
l'impossible cohabitation des communautés du Moyen Orient, la violence
religieuse, la mauvaise gestion de l'agriculture, toutes choses éminemment
fausses sur lesquelles nous n'allons pas insister.
Concernant le Moyen Orient,
la question qui se pose aux anglais et aux français est :comment éviter
à tout prix l'unité arabe dans cette région.
Le choix
d'un découpage arbitraire de la région et des mandats sera fait
(mandat anglais sur l'Irak et la Palestine, mandat français sur la Syrie
et le Liban, dont les frontières sont taillées à la règle).
Et le pire : " le choix de l'Etat d'Israël ", pour faire semblant
de satisfaire aux exigences des sionistes bien avant le désastre du nazisme,
alors qu'il s'agissait d'un choix politique calculé. Ceci constitue une
incongruité au Moyen Orient où les Etats et empires n'ont jamais
été homogènes culturellement et religieusement. De plus l'existence
d'Israël entérinera la plus grande expulsion des terres de leurs habitants,
après celle des indiens d'Amérique.
Enfin les colonisateurs
vont instituer le communautarisme, dont c'est l'occasion pour nous de le définir.
Il s'agit du droit légal donné à une communauté de
définir la loi pour la communauté au niveau du statut civil (mariage,
famille, héritage). Aucune loi nationale ne régira les rapports
entre individus, valable pour tous les individus. C'est rigidifier des coutumes
existantes, en l'absence de centralisation étatique, lors du passage à
un Etat constitué sur le mode occidental.
Le communautarisme n'est
donc l'enfermement autour d'une référence religieuse ou culturelle,
ou le refuge auprès de sa communauté culturelle, c'est l'inexistence
voulue d'un droit civil valable pour tous les citoyens, qui fonde une partie de
leur égalité. Ceci est le fait des colonisateurs anglais et français
au début du 20ème siècle, cent ans après l'institution
du droit civil en France par Napoléon. L'objectif est clair : diviser la
population, opposer des communautés entre elles, susciter le racisme entre
elles, et se réserver le droit de les montrer du doigt en les traitant
de " communautaristes ". Ceci dans le but d'avoir un prétexte
constant pour intervenir dans ces Etats.
L'invective très unanime de
" communautaristes ", toutes tendances politiques confondues, en France
par exemple, aujourd'hui , est coutumière.
Les français ont ainsi
doté le Liban d'une constitution en 1926 qui reconnaît le communautarisme
et l'inscrit de plus dans le fonctionnement du parlement et du gouvernement. (voir
Nadine Picaudon : La Déchirure libanaise )
En Algérie, la France, pays des droits de l'homme, interdira la citoyenneté aux algériens, pourtant répartis dans 3 départements français, et ceci jusqu'à la fin de la guerre en 1962. La situation d'indigènes, de sous-hommes dans leur propre pays, des algériens constituera une humiliation historique fondamentale. Jusqu'en 1962, les algériens en France et en Algérie seront des indigènes, puis des fellaghas, et des ratons . C'est ainsi qu'on crée des situations historiques qui ne peuvent s'effacer de la mémoire..
3)Constitution
du discours moderne étatique post colonial.
Ce racisme d'Etat, anti-arabe,
anti-musulman, va trouver des relais et des appuis dans certains partis et les
grands médias. Le meilleur travail à ce sujet est certainement constitué
par le livre de Thomas DELTOMBE, L'Islam imaginaire. Il relate la construction
médiatique de l'islamophobie de 1975 à 2005 à la télévision
sous la responsabilité des autorités de l'Etat.
Cette construction
découle naturellement de la période coloniale mais elle offre surtout
un bon dérivatif à toutes les victimes du chômage depuis la
fin des dites Trente glorieuses. Si ce racisme est relayé par l'extrême
droite, Le Pen en France, il est entretenu, construit, renforcé par les
autorités étatiques, entre autres dans les lois contre l'immigration
:
En 1974, fermeture des frontières contre les immigrés
1982
: obligation d'un visa, d'un certificat d'hébergement, d'une couverture
bancaire : ceci touche évidemment particulièrement les populations
du Maghreb.
1983 : les OS de Flins en grève sont traités d'intégristes
1986
: 1ère loi Pasqua contre l'immigration. Evocation des seuils de tolérance.
1993
: réforme du code de la nationalité par Pasqua
1989 à
1994 : les débuts de la mise en place d'une affaire du Voile islamique
.
1996
: lois Debré
1999 : lettre aux Préfets par Chevènement
du 10-12-99 : aggravation des conditions d'obtention de la carte de séjour,
et contrôles accrus.
2000 : Bruno Mégret s'attaque à Chevènement
et à son bilan dans un document célèbre publié sur
internet. Emploi des mots : Immigration/invasion, ou " les populations des
banlieues ne sont pas le peuple français ", " l'islamisation
de la France " : " c'est la colonisation, la balkanisation du pays
ou
" l'islam n'est pas soluble dans la société française
et la civilisation européenne ".
L'Europe n'a-t-elle pas dit la
même chose à propos de la Turquie ?
La liberté de circulation
des capitaux dans les années 80 donne tous ses effets en matière
de concurrence dévastatrice (délocalisations, fermetures d'entreprises,
précarité, nouvelle pauvreté
), donc il faut un bouc
émissaire. L'attention se focalise sur l'immigration.
Par ce dérivatif,
il faut faire oublier le fossé entre ceux qui ont tout et ceux qui n'ont
rien.
A juste titre les jeunes d'origine étrangère précarisés se sont comparés à des indigènes : les " indigènes de la République ". Toutes les bonnes âmes se récrieront avec colère, y compris dans le camp des anticolonialistes, qu'il y a abus de langage, oubliant ainsi l'effrayante humiliation qui se perpétue à travers la précarité de vie imposée à ces français qu'on ne reconnaît pas comme tels.
4)Le 11 septembre 2001 :
L'islam terroriste.
A partir de l'horreur du 11 septembre, on ne fera plus
dans la finesse. Il eût fallu l'inventer si cet attentat ne s'était
produit, pour en finir avec toutes les libertés démocratiques.
Les exécutants de cet attentat dont on ne sait toujours pas par qui ils
ont été manipulés, bien qu'Al Quaïda trouve son origine
dans la CIA et qu'en 2003, Ben Laden aurait encore rencontré un responsable
de la CIA (cf Alger Républicain de mai 2007, renseigné par le réseau
Voltaire), courent toujours.
L'islam est déclaré être
le mal absolu, tandis que le bien serait du côté de l'Occident chrétien.
Telle est l'idéologie de l'administration américaine incarnée
provisoirement par Bush. Il y aurait " eux " et " nous " :
" Eux " : l'ensemble des résistants musulmans et arabes :afghans,
irakiens, palestiniens, libanais, iraniens, somalis
.tous confondus dans
les qualificatifs non définis d'intégristes, islamistes, fondamentalistes,
musulmans, terroristes, mais plus généralement les humains du tiers
monde, qui seraient tous candidats au terrorisme, tandis qu'on ne dit pas un mot
du terrorisme d'Etat qui est devenu pourtant l'essentiel de la politique étrangère
de l'Occident (2)
" Le choc des cultures " est devenu le plat quotidien
d'une majorité d'intellectuels et de politiques. L'abêtissement de
la réflexion intellectuelle fait se demander où sont passés
les grands défenseurs des Lumières
: Pratique des amalgames,
nouvelle affaire du " voile " en 2003, manipulée par l'extrême
droite avec l'appui des laïcs qui ne connaissent pas la loi de 1906 sur la
laïcité, loi anti-voile votée par tous les partis (union sacrée
contre l'islam), confusion entre intégration et assimilation, retour en
force des sottises sur le communautarisme, confusion entre les faits de résistance
et le terrorisme, pauvreté du discours, du langage et des mots, dégénérescence
de la démocratie, transformation d'une partie de la police de Sarkozy en
gestapo contre les enfants des immigrés et leurs parents (cf l'action de
RESF)
.
C'est le TRIOMPHE DES PREDICTIONS DE L'ECRIVAIN GEORGES ORWELL.
Le tout couronné par la proposition de Sarkozy sur un ministère de l'identité nationale, dans la droite ligne des idées de Le Pen et Mégret : Il s'agit de définir ce que doit être un bon français : tout sauf un immigré, un noir, un arabe, un musulman ..
Le
discours raciste va-t-il emporter ce qui fut le berceau des idéaux socialistes
et communistes ? Le berceau de l'internationalisme ? Tout cela parce que le capitalisme
est parvenu à constituer et protéger une aristocratie salariale
occidentale sur la base du pillage des pays non occidentaux, ce que Marx observait
déjà dans la deuxième moitié du 19ème siècle.
(1)C'est le gouvernement " jeunes turcs " qui, après
avoir déposé le sultan, entre 1909 et 1915 élaborera une
théorie nécessaire à l'extermination des arméniens,
généralement cultivés, artisans aisés, contestataires
de la dictature. La Turquie ne reconnaît toujours pas le génocide
arménien de 1915.
(2)Les dominants n'envisageront cependant pas de s'en
prendre violemment au gouvernement musulman du Soudan qui extermine les chrétiens
noirs du sud ouest au Darfour
QUELQUES ELEMENTS DE BIBLIOGRAPHIE
SUCCINTE
-Edward SAÏD, L'orientalisme, l'Orient crée
par l'Occident, Seuil, 1980 (en anglais 1978)
(livre de base pour comprendre
comment l'Occident s'est construit un Orient imaginaire subalterne à travers
la littérature)
-Rosa Amelia PLUMELLE-URIBE, La férocité
blanche, Albin Michel, 2001
(l'auteur décrit la hiérarchisation
raciale construite par l'Europe, de la conquête de l'Amérique, à
la traite des noirs, jusqu'au nazisme, véritable débâcle morale
selon elle)
-Thomas DELTOMBE, L'Islam imaginaire, la construction médiatique
de l'islamophobie de 1975 à 2005, La Découverte. 2005.
(l'auteur
montre comment le petite écran, et quelques grands médias, au service
du pouvoir, a fabriqué un islam imaginaire au profit des politiques sécuritaires)
-Georges
CORM, Le Liban contemporain, La Découverte, 2005.
(l'auteur insiste
sur la tradition pluraliste du Moyen Orient issu de l'empire Ottoman, entre autres
le Liban et la Palestine, contrariée par la colonisation et aujourd'hui
par la politique USA/Israël, qui, pour dominer, organisent et prêchent
depuis toujours le regroupement confessionnel : base du chaos actuel )
-Yves
Ternon, Empire Ottoman, Déclin et Chute, Ed du Félin, 2002
(livre
d'histoire, références historiques)
-Mohamed-Chérif FERJANI
; Islamisme, Laïcité et Droits de l'homme , L'Harmattan. 1991
(l'auteur
réfute l'islamisme comme produit du despotisme et se prononce pour le libre
examen, la pensée critique, le droits de l'homme)
-Yann Moulier BOUTANG,
La Révolte des Banlieues ou les Habits nus de la République, Ed
Amsterdam. 2005
(l'auteur critique entre autres le racisme caché des
intellectuels qui se sont tus et critique la République qui voudrait en
finir avec les références identitaires au nom de l'intégration)
-Philippe VIDELIER, Nuit turque. Gallimard, 2005.
(Récit d'un
génocide d'Etat au nom d'un racisme d'Etat)
-Louise LAMBRICHS, Nous
ne verrons jamais Vucovar. Ed Philippe Rey, 2005
(une autre lecture du conflit
des Balkans contre les mensonges d'Etat. L'auteur juive voit dans l'extermination
des musulmans à Sebrenica la suite logique de l'extermination des juifs
dans l'Allemagne nazie)
-Zygmunt BAUMAN, Modernité et holocauste, La
Fabrique, 2002 (en anglais 1989)
(passage du racisme à l'extermination
industrielle dans un monde déshumanisé par la technologie et la
bureaucratie. L'auteur dénonce le mythe de la civilisation européenne
émancipatrice)
-Jacques MONNOT, Le drame du Sud-Soudan, Chronique d'une islamisation forcée, L'Harmattan, 1994 (L'auteur raconte d'abord comme les anglais ont systématisé en 1899 l'opposition du sud chrétien au nord musulman esclavagiste, non pas pour des raisons humanitaires pour des raisons de domination sur le bassin du Nil )
-AVERROES, Ibn Rushd, Le discours
décisif, Fasl Al-Maqal, 1150 ? Publié chez Flammarion, 1996. (remarquable
plaidoyer en faveur de la philosophie, et du libre examen, non contradictoire
avec la Révélation. Lecture difficile)
-DANTE, La Divine Comédie,
l'Enfer, 1355, Flammarion 2004.
(Mohomet en enfer..)
-Jean CHELINI, Histoire
religieuse de l'Occident médiéval, Hachette, 1991.
(intéressant
sur l'antisémitisme chrétien. Rien ou presque sur les musulmans)
Sarkozy, le 26 juillet à Dakar, a prononcé un discours qui fera date dans l'histoire du racisme occidental. Ce discours, préparé par Henri Guaino, disait en substance :"La drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire (...). Jamais il ne s'élance vers l'avenir (...). Dans cet univers où la nature commande tout (...), il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès".
Achille Mbembé, universitaire du Cameroun, a souligné que "l'armature intellectuelle qui soustend la politique africaine de la France date de la fin du 19ème siècle" (Le Monde du 24-8-07). Non, du début du 19ème !
La théorisation de l'infériorité
noire est le fait d' un grand philosophe allemand du 19ème, dont s'est
inspiré Marx, à savoir HEGEL.
Dans " La Raison
dans l'histoire, ou l'introduction à la philosophie de l'histoire "
de 1830 (collection 10-18), Hegel fait l'apologie du racisme anti-noir, au
motif, entre autres, qu'il n'y a pas de civilisation écrite sur le continent
noir (!).
Au moment où la question de l'abolition de l'esclavage se
pose et où la révolution noire en Haïti a donné la première
République noire, Hegel, se fiant aux écrits des aventuriers occidentaux
en Afrique et soucieux de propager l'idée de la supériorité
de l'homme blanc, écrit :
P 245 : l'Afrique est dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l'empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation ..C'est un pays dans l'enfance .enveloppé des couleurs noires de la nuit. .cela tient à sa nature tropicale et à sa constitution géographique.
P 250 : La conscience n'y est pas encore arrivée à l'intuition de quelque chose de solidement objectif, par exemple Dieu, la loi . Pas de reconnaissance de l'universel
P 251 : L'homme en Afrique c'est l'homme dans son immédiateté (pour Hegel, l'homme ne devient tel qu'en s'opposant à la nature) . C'est l'homme à l'état brut. Rien dans son caractère qui s'accorde à l'humain .état d'innocence état d'inconscience de soi .
P 259 : (après avoir évoqué l'anthropophagie) une telle dévalorisation de l'homme explique que l'esclavage soit, en Afrique, le rapport de base du droit..
P 269 : La condition des nègres
n'est susceptible d'aucun développement, d'aucune éducation. Tels
nous les voyons aujourd'hui, tels ils ont toujours été.
Dans
l'immense énergie de l'arbitraire naturel qui les domine, le moment moral
n'a aucun pouvoir précis
..
L'Afrique n'a donc pas, à proprement
parlé une histoire
Elle ne fait pas partie du monde historique,
elle ne montre ni mouvement, ni développement
.
Ce que nous comprenons
sous le nom d'Afrique, c'est un monde anhistorique non développé
"
Que nous dit Sarkozy ?? A peu près la même chose. Il faudrait que l'homme noir considère, entre autres, que la nature doit être dominée pour aller vers le progrès: c'est l'idée même de l'industrialisation capitaliste.
Les écrits de Hegel datent de 1830 ! Mais Sarkozy les remet à l'honneur. Les dominants n'ont aps progressé, ils sont devenus barbares.
Ces écrits préfigurent
et justifient le partage de l'Afrique en 1884 au congrès de Berlin, entre
les nations européennes dominantes.
A l'époque, d'autres pensées
avaient pourtant cours. Mais l'Europe, première région industrielle,
voyait, dans la "supériorité" de l'homme blanc, la preuve
de son génie. Cette pensée a donc toujours cours. Sans elle, Bush,
soutenu par l'Europe, n'aurait pas entrepris de semer le chaos et la destruction
dans les 2/3 de l'humanité.
L'ère industrielle, génie
de l'homme blanc, ou génie également de la barbarie ??
janvier 2008
Mr Gautier-Béranger, du ministère de l'émigration, s'est fait épingler dans une grande surface, Carrefour, pour son racisme, lorsqu'un responsable noir de la sécurité est venu contrôler son chèque de 500 euros : "Sale noir, touche pas à mes papiers" (relaté par des témoins). Il nie bien sûr. Hortefeux va devoir se séparer d'un fidèle collaborateur avec des larmes. Carrefour, solidaire du monsieur qui ne veut aps faire des excuses, fait pression sur son salarié pour qu'il retire sa plainte !!
La lecture du "Discours contre le colonialisme" d'Aimé CESAIRE (1950), est plus que jamais à l'ordre du jour.
(Courrier international du 16 au 22 juillet p12)
Le 2 juillet, le Sénat adopte définitivement la loi sur la Sécurité et l'immigration proposée par le Ministère de l'intérieur, Roberto Maroni de la Ligue du Nord.
-établit un délit d'immigration clandestine passible d'une amende allant jusqu'à 10000 euros assortie de l'expulsion immédiate. 6 mois dans les centres de rétention (contre 2 jusqu'à présent). Donc chasse à l'homme probable vu le nombre d'immigrés cladestins, de roms, de femmes des pays de l'est dites "badantis" !
-Obligation de la présentation d'un permis de séjour ou d'un passeport pour déclarer la naissance d'un enfants à l'état civil (les organisations des droits de l'homme et le vatican ont émis des protestations !!!). Les enfants ainsi nés seront les enfants de peronne. Ils seront enlevés à leur mère à la naissance et mis entre les mains de l'Etat. Les lois fascistes en 1938 ne privaient pas les mères juives de leurs enfants....
-Interdiction des mariages mixtes
(Courrier International,même page)
Lois votées en catimini. Seule Amnesty International proteste, de même que des avocats.
-Détention provisoire pour les immigrés: passe de 3 à 12 mois. Centres de rétention dans les anciens camps de l'armée.
-Renvoi dans le pays d'origine pour les dits "dangereux".
-Délocalisation des autres immigrés dans d'autres villes inconnues d'eux
-Multiplication des contrôles d'identité...au facies.
Tous les violents conflits nationaux ou guerres civiles de ces dernières années sont nés du refus des gouvernements centraux de prendre en considération l'égalité des droits entre populations diversifiées qui vivent dans un même pays:
*conflit yougoslave: droits des albanais et autres populations non reconnus (problèmes d'égalité à l'embauche, à l'entrée des écoles et universités, problème de non respect des langues et religions etc)
*tigres tamouls discriminés au Sri Lanka
*Ouigours discriminés au Xinjiang par rapport aux chinois Hans
*Les musulmans du sud en Thaïlande discriminés par rapport aux Thaïs.
*Tibétains discriminés en Chine.
........................
Ces discriminations entretiennent des divisions de la population face au pouvoir central et font le jeu de ces derniers. Elles sont soigneusement utilisées par la communauté internationale pour préconiser des visées séparatistes enfin de faire émerger des "nations ethniques" (conflit yougoslave), dans le même temps où l'on clame les bienfaits de la mondialisation...
juillet 2009
Le Canada ne reconnait pas les droits des peuples autochtones. N'a jamais signé la charte de l'ONU sur ces droits.
En effet, le Canada n'aurait pas de passé colonial !!! Incroyable mais vrai
5% de la population sont des amérindiens parqués, méprisés, à qui l'Etat vole les terres.
Le racisme de la police et de la justice à leur égard vaut celui des USA.
(entendu à France info le 26-11-09 : un journaliste indigné)
Objectif de ce débat : extrémiser la droite en direction de Le Pen.
"Dégage sale arabe ", contre une étudiant de Sciences po basané, a fait le tour des médias...
On veut bien des travailleurs émigrés mais pas de leurs familles.
Mr Sarkozy a dit ceci le soir de son élection
:
"Je veux lancer un appel à tous ceux qui, dans le monde,
croient aux valeurs de la tolérance, de la liberté, de la démocratie,
de l'humanisme, à tous ceux qui sont persécutés, par les
tyrannies et les dictatures. Je veux dire à tous les enfants à travers
le monde, à toutes les femmes matyrisés dans le monde, je veux leur
dire que la fierté, le devoir de la France sera d'être à leurs
côtés".
Mr Sarkozy peut-il se déjuger et
ordonner le contraire aujourd'hui ? Oui puisqu'il a fait disparaître cette
belle envolée de son site de l'Elysée (le Monde du 31-10-09. Chronique
de Frédéric Lemaître) !!
Le jour de l'expulsion des
trois afghans, le haut commissaire aux réfugiés ne disait-il pas
qu'il était "vraiment nécessaire pour les pays de maintenir
leurs portes grandes ouvertes à ces victimes se trouvant en situation de
réel besoin de protection internationale" ? Mais il n'avait plus la
caution de Sarkozy pour le dire !!!
Le 10-2-2010, la Mairie PCF de Bagnolet demande au Préfet de police de faire évacuer un squatt où se trouvent des gens d'origine africaine, qui logent là depuis 11 ans avec leurs familles. Par -5° la police expulse manu militari à 5 h du matin, empêchant les gens de prendre leurs affaires. Les élus interrogés expliquent cyniquement que les squatters ne sont pas concernés par la trêve hivernale. Il n'est proposé à ces gens aucune offre de relogement. Parmi eux des travailleurs ont un emploi, et perdent leurs papiers restés à l'intérieur. Le bâtiment est détruit avec un bulldozer... Cela rappelle des évènements de sinistre mémoire.
Il convient de s'interroger sur le pourquoi du racisme du PCF mis en évidence sans cachotterie à plusieurs reprises, y compris la chasse à la Burqua lancée par un député PC en 2009. Ce sentiment de race supérieure maintes fois affirmée, exactement comme dans l'ex URSS, pose question ! C'est une application stricte de l'idée de Marx sur le capitalisme vu comme société supérieure, dans la succession des modes de production ? On le dirait.
Le film Invictus, sorti début 2010, vous dira que la réconciliation fut le principe de la nouvelle société d'Afrique du Sud, principe voulu par Mandela en 1990, et que tout a marché comme sur des roulettes à partir d'un match de rugby pour la coupe du monde....
En 2010 des
africains du sud font le bilan. Voici ce qui résulte d'un article paru
dans Courrier international du 11 au 17-2-10 sur l'Afrique du Sud:
La stratégie du "pardon" et de la réconcilaition a
abouti après 90:
- A ne pas rendre la justice sur les crimes de
l'aparthied
-A ne pas traiter de la question de la terre : ni restitution,
ni négociation
-A n'indemniser personne
Le résultat est un chômage et une misère endémique pour une grand majorité d'africains. Par contre une bourgeoisie noire a émergé et s'en trouve fort aise. Il faut le dire, c'est le travail de Mandela.
La question "pardonner "ou pas est un faux problème. Il fallait trouver les moyens de vivre ensemble tout en faisant le compte des responsabilités, avec l'idée de réparation et d'indemnisation. Prendre le temps, ne pas exproprier n'importe comment, négocier, mais il fallait restituer incontestablement une grande partie des terres aux petites gens en leur donnant les moyens de travailler correctement, permettre la viabilité d'une petite production, d'un artisanat, et lancer avec les habitants de vastes projets de construction de logements, d'écoles, de centres sociaux, de centres de soins. Tout ceci si possible dans un climat apaisé mais sans éluder la responsabilité des tortionnaires. "Il fallait", mais c'était difficile, Mandela a sans doutes cédé à de très fortes pressions, mais il pouvait en appeler pacifiquement au peuple... L'a-t-on menacé de l'assassiner ? Très probablement.
Rappelons que l'issue de ce pardon a été le prix Nobel de la paix à Mandela et à .... Frederik de Klerk, ami des tortionnaires... Il faut le faire !!!
Les populations décolonisées du monde entier exigent aujourd'hui le devoir de mémoire, la réparation, et la mise en jugement des tortionnaires: pourquoi pas en Afrique du Sud ???