On aimerait que les athées en tous genres
sachent distinguer entre l'opium du peuple actuel (la télévision
et les grandes surfaces) et les divers dieux des puissants, et qu'ils nous parlent
de ces derniers.
Mais ils ne les reconnaissent pas comme des dieux. Ils préfèrent
souvent invectiver le dieu des filles qui portent des voiles au nom de la "
raison " ou de la " libération ", car chacun sait qu'en
ces temps de haute civilisation, tout est dans la fesse
et dans le fric.
Ecartons rapidement le Dieu RAISON des baratineurs sur le " Sens
de l'histoire ", ou le Dieu de la MODERNITE souveraine, ou encore le Dieu
du PROGRES par la SCIENCE, évidemment contre l'archaïsme supposé
des dieux de la forêt, des étoiles, des eaux bruissantes, de la lune
et du soleil, de l'amour et du pardon, bref de tout ce qui pourrait nous réjouir
un peu.
Le vrai de vrai DIEU, c'est celui des puissants, le DIEU ARGENT, le
dieu le plus bête du monde, le plus misérable dans son arrogance,
mais le plus vénéré.
Celui-ci vaut la peine qu'on l'analyse
au travers de tous ses sous-dieux : le Dieu haussier de la Bourse, celui qui vient
d'abandonner AIG (American International Group) ; le Dieu de l'infaillibilité
financière (encore plus infaillible que le pape) ; le Dieu de l'éternité
des paradis fiscaux, des niches fiscales, des vols en tous genres, des industries
du mensonge ; le Dieu voleur des terres ; le Dieu de la publicité ; le
Dieu de la Science et des techniques, le Dieu de l'industrie
bref tous ces
Dieux (avec un D et pas avec un d) qui devaient nous apporter l'abondance (dévastatrice
pour le plus grand nombre au profit des seuls élus) et nettoyer la racaille..
Revenons
à AIG. Offrons nous un fou rire !
Parce que le marché haussier
ne devait pas avoir de fin, et que les pratiques financières sont hautement
scientifiques, et non susceptibles de retournement, AIG avait confié la
vente des contrats, assurant des investisseurs pourris, à diverses sociétés,
hautement spécialisées dans le trafic boursier des produits pourris.
Et ceci sans garantir ses arrières et se provisionner des sommes en jeu.
Pourquoi faire ? Le Dieu boursier était là. Notation exemplaire,
fiabilité hors norme.
Ces investisseurs pourris étaient souvent
des investisseurs immobiliers (banques ou autres) qui avaient misé sur
le crédit aux petites gens, qui bien qu'étrillées à
l'extrême, devaient cracher le sang jusqu'à vitam aeternam. Se couvrir
du risque ? Nos anciens le disaient pourtant...
Dans ces différents
trafics, les commissions étaient extrêmement élevées.
Et ces messieurs pouvaient aller dans des bordels de luxe, en rêvant de
déshabiller des femmes voilées
Queue d'âne !
Quand
on est très très intelligent, qu'on a fait de hautes études,
et qu'on a un tel Dieu pour soi
on ne peut pas imaginer que les 450 Mds de
dollars de titres pourris qu'on détient (plus de 4 fois le PIB du Pérou
!) vont
s'envoler.
Aujourd'hui il faut que les USA couvrent ! En plus
de la chute de l'industrie ! Mais peut-être qu'Obama va envoyer tous les
chômeurs en Afghanistan casser soi-disant rien que des talibans (il n'y
a que ça dans ce pays, c'est bien connu !)
Ils se payeront en nature
et eux (les chômeurs, pas les boursicoteurs) pourront éventuellement
dévoiler les femmes voilées.
Marx disait que le capitalisme
avait besoin d'une armée industrielle de réserve. Cela reste vrai,
mais aujourd'hui l'impérialisme défait a besoin, en plus, de pays
à dévaster pour mieux y jeter la main d'uvre surnuméraire,
et pourquoi pas tous les opposants.
le 5-3-09