Bienvenue sur ce site "MARX au 21ème siècle?". Nous avons mis un point d'interrogation, pour indiquer la question sous-jacente fondamentale "Marx nous est-il utile encore aujourd'hui ?"
La question n'est pas paradoxale, surtout en cette période "d'ultra libéralisme" (comme on dit dans le jargon connu), de crise, de fermetures massives d'entreprises. Le retour à Marx semblerait aller de soi. Nous ne le pensons que pour partie seulement, c'est pourquoi nous avons ouvert ce site en 2005.
Nous avons été assez brièvement sur divers sites sur cette question. Récemment, depuis 2008, s'effectue un "retour à Marx" en France alors qu'auparavent les sites étaient surtout anglosaxons. La majorité des sites en France est issue de la mouvance du PCF ou de dits réformateurs du PCF. Tous se disent dans la continuité de Marx, comme si cela allait de soi. Il y a en effet beaucoup de choses diverses et contradictoires chez Marx. Ceci n'est pas un reproche. Tout militant et écrivain est éminemment contradictoire, car il réfléchit. De plus tout militant et écrivain reflète, qu'il le veuille ou non, les idées de son temps.
Il est donc nécessaire de procéder à un rééxamen des textes de Marx. Nous verrons que, selon nous, Marx n'est pour rien dans toutes les déviations qui ont eu lieu. Le terme "marxisme" est toujours à l'honneur pour désigner une analyse dite en rupture avec la pensée dominante capitaliste. Nous pensons que Marx n'a pas toujours été en rupture avec cette pensée. De plus nous faisons remarquer qu'il y a eu d'autres types d'analyses en rupture avec le capitalisme, ne serait-ce que l'anarchisme.
Les concepts de base de l'analyse de Marx ne semblent pas jusqu'à présent réinventoriés sérieusement, et d'autres sont carrément tronqués. Par exemple, les "marxistes" sont souvent les premiers à dénigrer de façon indirecte la "loi de la valeur travail" (pour faire moderne), à dénigrer toute valeur à la monnaie, influencés qu'ils sont par la tradition keynésienne; et ils sont souvent les premiers à prétendre qu'il y a des politiques de rechange en profondeur à faire, en conservant le cadre capitaliste, en même temps qu'ils se font les gardiens du temple.
"Revenir à Marx" ? Dans quel but ?
Il faut au préalable quand
même bien avoir conscience que toutes les dictatures qui se sont réclamées
de Marx, ont toutes sombré à des degrés divers dans l'horreur
(URSS, CHINE, ALBANIE, YOUGOSLAVIE, COREE, CAMBODGE, ALGERIE, ETHIOPIE, MOZAMBIQUE...),
ont disparu ou font pâle figure (CUBA..VIETNAM...).. Pour quelles raisons
? La trahison ? Un peu facile ! Le mépris et le rejet de la paysannerie,
de la petite bourgeoisie, la chasse aux anarchistes, la chasse et le refus de
la démocratie directe, la soi-disant domination de la nature par la science,
la science et l'industrialisation montées au pinacle, le parti unique...etc.
On trouve les racines de tout cela chez Marx, bien qu'on trouve des textes extraordinaires
chez cet auteur.
Nous supposons que beaucoup de gens ont perçu tout cela et que les analyses anglo-saxonnes sont les plus riches car c'est sans doutes aux USA que les intellectuels ont eu la possibilité d'une lecture la plus libre, ce qui n'a pas été le cas en Europe.
C'est pourquoi, nous posons, en vue de l'action, la question fondamentale suivante: Marx nous est-il utile aujourd'hui pour comprendre le fonctionnement du capitalisme, la misère continue qui s'y développe, et la barbarie qui, chaque jour, s'étend un peu plus avec la libre concurrence et le libre échange ? Mais nous posons aussi la question: Marx nous est-il utile également pour combattre le capitalisme ?
La réponse est oui à la première question. La réponse ressemble à un non à la seconde question.
En effet, toute une partie des écrits de Marx relève d'un travail scientifique, dans le sens où la science a pour tâche de découvrir le fonctionnement réel des phénomènes de toutes sortes, derrière les apparences. A partir de là, le militant peut aiguiser son combat.
Par contre, nous rejetons la philosophie de l'histoire développée par Marx comme étant un empêchement à ce que les peuples s'émancipent, comme étant une garantie au maintien du capitalisme, et un socle qui s'est avéré utile pour les dictatures.
Mais nous faisons ici une remarque importante. Si l'URSS et les régimes dits socialistes et communistes, à parti unique, nous apparaissent avoir été plus que nocifs, ils n'en ont pas moins joué, aux yeux des grandes masses ouvrières, un rôle d'espoir considérable, qui, même si cela était illusoire, a fait rêver utilement. De plus, sans l'URSS, et ce qu'elle représentait, illusoirement ou non, y aurait-il eu les acquis sociaux que nous connaissons en Europe ? Y aurait-il eu les combats victorieux contre les guerres (du Vietnam, d'Algérie...), pour le désarmement ? etc... certes il y aurait eu autre chose, mais quoi ?
Une analyse objective, doit donc tenir compte de l'ensemble de ces éléments contradictoires.
Notre
objet : donner une vision critique sur la théorie de Marx, en mettant
en évidence tous les aspects fondamentaux mais contradictoires de cette
théorie.
D'une part Marx a mis en lumière, au mieux de
ce qui était possible, les mécanismes de fonctionnement du capitalisme
naissant, puis en plein développement : l'exploitation et la lutte entre
les classes, la violence sociale, le chômage et l'armée industrielle
de réserve, le libre échange comme l'une des bases possibles de
la barbarie (le terme est de lui), le colonialisme des nations industrielles,
les fondements de l'impérialisme
la nature de la richesse capitaliste...
D'autre part et en même temps, Marx a présenté une
théorie du dépassement du capitalisme fondée sur une vision
déterministe de l'histoire, où le capitalisme est présenté
comme le plus haut degré de civilisation jamais atteint avant le communisme.
Ce dernier devait s'instaurer par la révolution sociale, et faire disparaître l'exploitation, après que l'ensemble de la population se soit transformée en prolétaires triomphants (dictature du prolétariat), dans le cadre d'une industrialisation poussée à son plus haut degré.
Nous présenterons ceci de façon détaillée.
(revu en juillet 2009)
(passer à : "Notre but: Hypothèses")