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    GRECE

     

    Voir ci-dessous un extrait de l'article proposé dans "Euro" sur la crise actuelle de 2011 en Grèce

     

    Il faut savoir que lors de la grève des 21 et 22-10-11 dans toute la Grèce, il était prévu de bloquer le parlement, lors des immenses manifs à Athènes, pour que les députés ne votent pas les terribles mesures demandées par l'Europe.

    La police était évidemment au rendez vous, en faisant une chaîne devant le parlement. Mais qui a doublé la chaîne ? Qui l'a renforcée devant la police ? Eh bien le parti communiste, pilier de l'ordre capitaliste ! La foule n'a pas forcé ce barrage, se contentant de le regarder et de l'imprimer dans sa tête.

    Ceci se retrouve dans l'attitude des PC du Maghreb et du Moyen Orient. Soit ils se taisent face à ce qui se passe en Syrie, soit ils prennent partie ... pour Assad, par exemple le parti communiste algérien (Alger républicain septembre 2011). Mais il n'y a pas qu'eux. De la même façon que l'église orthodoxe grecque soutient le gouvernement actuel, l'église chrétienne de Syrie (toutes tendances confondues) soutient Assad.

    Une alliance intéressante !

    La prochaine fois, le barrage cèdera..

    Le 31-10-11

     

    Extrait d'un article sur la crise de 2011 dans "Euro":

     

    10)L'ENDETTEMENT HISTORIQUE ET ACTUEL DE LA GRECE.
    (Grand détour sur l'histoire)

    Le libéralisme économique a réalisé une prouesse sur le plan intellectuel. Sa cruauté n'a d'égale que sa candeur à produire des clichés, et sa médiocrité. Ses tenants se passeraient bien de la philosophie, de l'histoire, du raisonnement, de l'étude, de l'esprit critique. C'est un bulldozer de clichés, de préjugés, d'affirmations non fondées. Leur diffusion passe par les journalistes à la botte des économistes et des politiques libéraux. Surtout il convient d'ignorer l'histoire de la Grèce et le rôle continu qu'y a joué la Grande Bretagne jusqu'à nos jours.

    On voit ainsi écrit constamment dans des journaux comme le Monde, le Figaro, Libération " la fraude fiscale est un sport national en Grèce ", ou bien il est affirmé que par nature les grecs sont des truqueurs, des menteurs, qu'ils s'endettent sans vergogne, ou encore on entend dire par Angela Merkel qu'il serait temps que les grecs se mettent à travailler etc etc…

    Depuis sa naissance en 1830, la Grèce a été quasiment une colonie de la GB (ou un " Etat protégé " en langage poli, avec l'accord des grandes puissances de l'Europe. Ce statut a induit ce type de phrases de mépris, exactement comme on dirait que les noirs ne travaillent pas par nature ou que les maghrébins répandent des odeurs…
    Et cela s'est tellement inscrit dans notre psychisme, que nous finissons pas engranger que les grecs sont des gens paresseux, incapables des respecter les lois ; vous savez des " méditerranéens " ! Donc ce ne serait pas étonnant qu'ils soient dans cette situation grave aujourd'hui. On notera le mot " les grecs " sans distinction des classes sociales, or les grecs ne sont pas homogènes entre eux loin de là.. Ils ont une bourgeoisie favorable aux anglo-saxons de droite, une partie du peuple acquis aux idées communistes et anarchistes, et une autre à un nationalisme exacerbé d'extrême droite. La politique de " diviser pour régner " de la GB, jusque dans le financement de la résistance dans la dernière guerre, est en grande partie cause de cela, d'où le fait que l'Etat grec n'a aucune crédibilité auprès des citoyens.

    De plus la mise en place d'une " démocratie ", supervisée par la GB, a pris soin de préserver un aspect féodal à la société grecque, en imposant d'abord un roi jusqu'à la première guerre mondiale, puis en sauvegardant l'existence des grandes familles (Karamanlis, Papandreou, Mitsotakis par ex…) à la tête des gouvernements, et un Etat dans l'Etat à savoir l'Eglise orthodoxe. Cette structure sociale est un empêchement majeur à l'existence d'un lien social entre les grecs. Elle a introduit une défiance naturelle vis-à-vis de l'Etat, qui se traduit par le non paiement de l'impôt par les classes riches. La contrepartie monnayée entre l'Etat et le peuple, est une fonction publique pléthorique, pour compenser l'absence d'emplois et réaliser la paix sociale.
    Revenons aux origines rapidement :
    La révolte du peuple grec contre l'Empire ottoman a été soutenue par la France, La Russie et la GB, au 19ème siècle ; non pas par bonté d'âme mais parce que chacun de ces pays étaient aux aguets, pour s'approprier, avec des motifs différents, des morceaux d'un empire, dont la dislocation ouvrirait la voie au Moyen Orient. Celle-ci interviendra du fait de la première guerre mondiale.
    La City anglaise a " financé " par deux fois les grecs combattants pour la liberté: " l'emprunt de la révolution " en 1824-25, puis " l'emprunt de l'indépendance " en 1832-33. Elle a fait gager ces emprunts sur " les terres nationales " appartenant à l'Empire, et dont le statut juridique ne sera réglé que tardivement au profit de la Grèce.
    Donc dès l'origine, la GB prenait pied en Grèce, exactement en même temps qu'elle imposait le libre échange à l'Egypte. De plus elle n'a pratiquement jamais versé l'argent prêté, décidant de son utilisation : construction de bateaux de guerre non désirés, commissions généreuses à un tel ou un tel, salaires des services de l'amiral anglais Cochrasse….(Georges B Dertilis : dettes publiques et dépenses militaires La Grèce et la question d'Orient, Date ? texte sur internet)
    Le pays a été abominablement endetté de suite, car le gouvernement grec se devait de rembourser les sommes " prêtées " plus les intérêts. Or tout a été fait pour qu'il ne puisse jamais rembourser (exactement comme en Haïti), la renégociation des emprunts l'endettant toujours plus.
    60% des dépenses publiques à la création de la Grèce étaient, selon l'auteur cité, des dépenses militaires imposées par la GB.
    De ce fait, la GB mettait en gage les recettes fiscales futures de l'Etat grec, et, avec la France, établissait un contrôle international sur les douanes grecques.
    La GB a obligé la Grèce à suivre une politique définie sur la question d'Orient. Les emprunts ne servirent jamais à redresser le pays ruiné par les guerres.
    En 1836, l'Etat grec, qui n'en peut plus, suspend les versements des intérêts. La GB renforce l'embargo aux frontières et dans les ports, et interdit l'accès de la Grèce aux bourses européennes. La Grèce est privée d'investissements, un peu comme les Etats américains avant leur indépendance.

    Le peuple grec avait l'habitude de se révolter contre l'empire Ottoman qui imposait un système fiscal très dur. La GB impose un service de l'emprunt tout aussi dur, et exige la participation à ses guerres, sous ses ordres (Guerre de Crimée par ex). Palmerston impose, pour ce faire, l'occupation du Pirée par des bateaux de guerre de la France et de la GB pendant deux ans. Les habitants grecs devaient fournir des militaires à la GB, exactement comme les " indigènes " africains devaient le faire.

    Gladstone expliquait que le " levier de l'emprunt " doit être utilisé comme moyen tactique capital pour contraindre la Grèce, car elle est " irrédentiste " ; elle aide par ex les crétois dans leur révolte… Ce pays ne doit avoir qu'une force de police, mais pas d'armée, pas de flotte ; elle doit combattre sans arrêt et emprunter pour ce faire.
    Il faut l'obliger, dit Gladstone, à avoir une " bonne conduite ", à " pratiquer la rigueur " si l'Etat grec veut du crédit (les textes de Gladstone sont publiés par Dertilis) ; on croirait Angela Merkel parlant de la situation actuelle.

    La Grèce doit obéir à la seule GB même si la France a une autre opinion.
    La première ouverture aux investissements a lieu entre 1878 et 1890. La Grèce avait obtenu la création d'une banque nationale en 1841 et la création de la monnaie drachme. Cette banque pouvait obtenir des crédits mais à des taux très élevés : 7 à 11%, ceci au profit d'une petite classe aisée. Les taux actuels imposés à la Grèce sont de même nature.
    En contrepartie la Grèce doit faire la guerre à la Turquie de 1887 à 1898 sous contrôle international.
    La Grèce est en cessation de paiement en 1893, sa dette extérieure est de 200% son PIB. Nouveaux accords et nouvel endettement en 1928. " La structure de longue durée en Grèce est l'endettement ". A la veille de la deuxième guerre mondiale, la Grèce n'a aucune autonomie en matière politique et économique.
    La Grèce est donc sous contrôle économique, mais également politique
    L'Europe par la voix de la GB lui impose en 1830 un roi, le Prince Othon de Bavière ! Après les révoltes de 1863, un Prince Danois Georges 1° lui est imposé….
    En 1936 le général Metaxas, ancien ministre du roi Georges II prend le pouvoir. Le 28 octobre 1940, l'Italie somme la Grèce d'accepter l'occupation du territoire par Mussolini. Metaxas aurait répondu NON ou " Alors c'est la guerre ". Or les salariés grecs et le peuple grec ne se soumettent jamais. Ils vont se battre contre Mussolini, puis contre l'occupation nazie. Aucun répit de leur est accordé. Les forces de l'axe ravagent le pays.
    Les historiens considèrent qu'après l'URSS c'est la grèce qui a le plus souffert : 500 000 morts (dont 340 000 de faim), 1000 villages détruits, la quasi-totalité des routes, ponts, chemin de fer, moyens de transports détruits..)

    Le 28 octobre deviendra jour férié, fête nationale du " jour du NON "

    La GB n'a de cesse de vouloir rétablir l'autorité du roi après la guerre. Les trois mouvements de résistance s'y opposent. Churchill s'implique en octobre 1944 en allant négocier avec Staline de lui laisser la Grèce, tandis qu'en contrepartie il lui laisse la Pologne. Les visées au Moyen Orient exigent que la Grèce soit contrôlée par la GB.
    Celle-ci qui ne veut pas d'un mouvement de résistance unifiée, paye des bandes rivales pour établir la zizanie. L'armée de la GB est présente à Athènes et à Salonique.
    L'exaspération est telle que le peuple grec est tenté par le communisme. En 1947 un gouvernement communiste provisoire est proclamé, tandis que la GB et les USA financent les armées royalistes. Les grecs se battent, toujours sans soutien. C'est la guerre civile jusqu'en 1949, après quoi s'instaure un régime parlementaire de type " féodal bourgeois " qui reçoit la défiance du peuple, et en 1967, les colonels pro-américains prennent le pouvoir jusqu'en 1975. Voilà les conséquences de l'intervention en continu de la GB sur la Grèce.
    .Les grecs ont bénéficié du plan Marshall, dont 40% sera détourné, dans une situation d'impossibilité du contrôle des finances. Le peuple développe une économie de subsistance et cultive la " débrouille ", tandis que la bourgeoisie, mafieuse par définition dans ce pays, n'a pratiquement aucune visée sur la constitution d'une économie nationale.

    Oui la Grèce a toujours été endettée, mais par la volonté de la GB. Le peuple grec a toujours refusé la soumission. Mais sa classe bourgeoise, très liée à la GB et aux USA, est une classe qui vit des prébendes accordées par l'étranger et sur le dos du peuple. Elle n'a pas d'attache forte dans une industrie nationale. C'est pratiquement une bourgeoisie compradore qui considère qu'elle n'a pas d'impôts à payer.

    Quand la Grèce est entrée dans la zone euro, des banques américaines lui avaient beaucoup prêté. Entre autres Goldman Sachs (auj sur les bancs des accusés aux USA), banque d'investissement de Manhattan. Cette banque fournit de hauts dirigeants aux États dans le secteur économique et financier tels Robert Rubin ou Henry Paulson (Hank), ancien Secrétaire du Trésor des États-Unis, ou encore Mario Draghi, gouverneur de la Banque d'Italie (cf Wikipédia), puis de la BCE aujourd'hui. Cette banque gomme 1 MD d'euros de dettes publiques en 2001 des comptes publics de la Grèce. Ce sont les banques, mandatées par Bruxelles, qui organisent la présentation des comptes publics des Etats (Morgan fera la même chose avec l'Italie). On modifie les règles comptables à l'envie. (Le Monde du 20-2-10)

    L'Europe " découvre " tardivement que tous les chiffres annoncés pour pouvoir entrer dans la zone étaient faux. Eurostat ignorait ? La discipline européenne était très élastique. Barroso en 2004 n'aurait-il rien su ? Ou d'autres motifs étaient-ils à l'œuvre, comme l'ouverture d'un nouveau marché prometteur sous un gouvernement corrompu et une direction de l'Europe tout aussi corrompue ? (Le Monde du 20-2-10). Mais la crise de 2008 change la donne…Et la Grèce se retrouve sous la tutelle de la CE (communauté européenne), du FMI et de la BCE (banque centrale européenne), la Troïka (qui circule en voiture blindée à Athènes en 2011 !!!)! : Rien de très nouveau dans son histoire, sauf que cette fois ce sont les banques, qui ont prêté énormément avec tant d'empressement, qui prétendent être en difficulté dans un pays où la dette est éternelle, parce que non remboursable. La France et l'Allemagne, par l'intermédiaire de leurs banques y sont bien engagées également.
    Le magazine Euromoney parle en 2005 de " l'enronisation " (du scandale Enron) des comptes publics européens avec la complicité de Bruxelles. Ce n'est donc pas la Grèce qui a falsifié ses comptes.
    Toutes les tricheries ont été à l'œuvre pour faire passer la Grèce dans l'euro. C'était une affaire trop juteuse, un marché à prendre.

    Il s'agissait en effet de faire de la Grèce un marché pour les produits européens des pays riches, et de lui prêter pour qu'elle puisse importer et payer ses produits. On peut éventuellement envisager de délocaliser des entreprises européennes en Grèce à condition que les salariés grecs soient soumis, or ça n'est pas le cas. Par conséquent la Grèce importe trois fois la valeur de ce qu'elle exporte… C'est bien ce que l'Europe voulait ?

    La Grèce à court de capitaux pouvait, avant l'euro, créer de la monnaie pour régler ses problèmes. Si cette monnaie se transformait en capital de façon productive, le danger d'inflation était faible ; mais si cette monnaie était dilapidée par une classe riche pour ses besoins propres, ou si l'Etat payait ses fonctionnaires avec cette monnaie, sans qu'il y ait d'investissements en contrepartie, l'inflation était un grand risque (théorie de Smith). C'était la situation de tous les pays peu riches en PIB.

    Or avec l'euro, l'Etat grec perd toute prérogative monétaire et économique. Il n'a plus qu'à emprunter. Pour la Grèce, c'est le pire des pièges.
    Si la bourgeoisie grecque avait été nationaliste, elle aurait refusé à juste titre l'euro. Or les nationalistes sont une poignée et liés à l'extrême droite.

    Passer d'une politique monétaire souveraine à la soumission à une monnaie forte, va faire de ce pays un vassal encore plus évident des pays riches. La croissance de son PIB, était totalement compromise d'un point de vue capitaliste, sauf à faire un tourisme ravageur.. La bourgeoisie grecque se préparait donc à livrer le pays aux prédateurs.
    Les salariés avaient eux aussi toutes les raisons de refuser l'euro en raison de la politique de rigueur que cela impliquait mais ils n'ont pu l'exprimer sous l'avalanche des crédits qui leur étaient offerts.
    La Grèce devait donc aller au devant d'un endettement encore plus massif qui ne pourra jamais être remboursé et qui sera refinancé sans arrêt, d'autant que faire payer l'impôt à la bourgeoisie est une affaire difficile.


    11)LES PRETS A LA GRECE DANS LA ZONE EURO ET L'ORGANISATION DE SA DESTRUCTION.

    Le mécanisme et les faits :
    La zone euro a réintégré les critères de Maastricht pour que fonctionne une " saine " gestion de l'euro, dans un environnement pourtant sans homogénéité économique entre les différents partenaires européens, sans gouvernement central ayant autorité (et heureusement peut-être pour les salariés), avec une banque centrale " indépendante " (BCE) qui ne peut intervenir en dernier ressort (donc qui livre les gouvernements aux banques privées), et dans le cadre d'une concurrence effrénée organisée par l'Europe. Laquelle ouvre à la finance la possibilité de la pire des spéculations, comme il a été décrit ci-dessus.

    -a)La Grèce a une dette publique en 2010 de 160% son PIB, alors qu'elle ne devrait être que de 60% selon les critères de Maastricht. Son adhésion à la zone euro a accru mécaniquement son endettement. Les leaders européens expliquent que c'est un scandale, mais le Japon a un endettement quasi traditionnel de 200% du PIB, en ne se portant pas si mal… C'est en effet la zone euro qui a obligé la Grèce à acquérir les devises nationales qui lui étaient nécessaires par l'emprunt, devises qu'autrefois elle créait dans le cadre d'une politique monétaire indépendante.
    En 2009 déjà, une baisse des dépenses publiques de 13,6 % par rapport au PIB était exigée par l'Europe pour entraîner une réduction du déficit public. Pour l'année 2010, le déficit public devait également baisser de 9,3 %. En réalité le déficit n'a fait que se creuser toujours davantage par le mécanisme même de la dite réduction des déficits qui nécessite toujours plus d'endettement

    -La Grèce peut-elle espérer obéir à l'Europe par une croissance de son PIB ? Les autorités européennes ont calculé que son PIB devrait croître de 4% par an à partir de 2010 pour que de la richesse en capital se reconstitue. Or la Grèce n'est compétitive en rien à ce jour sauf dans le tourisme et importe énormément du fait même de son intégration à l'Europe.
    Il faut savoir de plus que le secteur public constituait traditionnellement 40% du PIB, or ce secteur est en train d'être balayé par les plans de rigueur !
    La Grèce ne peut donc compter sur une croissance du PIB


    -b)La Grèce peut-elle compter sur ses impôts ?
    Ce pays souffre, l'Europe le savait, d'un manque chronique d'impôts. C'est un leg de ses relations de soumission à l'Angleterre, laquelle favorisait comme dans un pays colonisé la classe riche pour obtenir sa reddition.
    La Grèce a la structure fiscale d'un pays colonial où les riches ont obtenu de ne payer que très peu ou pas du tout d'impôts, de la même façon que par exemple en Amérique du sud, anciennement colonisée par l'Espagne et le Portugal. Entre autres, l'Eglise est pratiquement dispensée d'impôts, bien que le gouvernement ait juré le contraire ; elle ne paye rien sur ses activités commerciales car il est impossible de connaître la nature de ses biens et de ses propriétés. La taxe immobilière votée en septembre 2011 ne la touchera donc pas, ses richesses étant tabou (Le Monde du 21-9-11).
    Autre exemple, la Grèce, l'une des plus importantes puissances maritimes mondiales, a des armateurs qui ne payent pratiquement pas d'impôts. En effet, les navires détenus par des intérêts grecs constituent 72% de la flotte battant pavillon chypriote, 55% de la flotte battant pavillon maltais, 18% de la flotte battant pavillon des Bahamas (cf Wikipedia). Autrement dit les armateurs grecs sont sous pavillon étranger, et échappent très largement à l'impôt. De ce fait, les agents des impôts se prêtent à une corruption passive, encouragés par les intérêts des hommes politiques. Avant sa chute, DSK, patron du FMI, reprend le 15-3-11 les clichés traditionnels sur la Grèce en lançant dans un discours que " les grecs truandent un maximum " parce que " ne pas payer d'impôts est un sport national ". Très futé DSK !
    Des querelles chiffrées ont également eu lieu sur la question de la fuite des capitaux grecs en Suisse, dont s'est fait l'écho la Figaro économique (3-6-2011) : Quelques 38 milliards d'euros de capitaux auraient été placés en Suisse sur 2010 et début 2011. Le Ministère grec des Finances, lui-même a confirmé ce fait. Enfin, malgré les récents essais de contrôles accrus du gouvernement, la récession, le chômage ont fait mécaniquement baisser les impôts.

    Par conséquent la Grèce n'a rien à attendre du côté des impôts. Chacun le savait pertinemment.

    -c)La Grèce peut-elle se financer par l'emprunt.


    Du fait de la situation ci-dessus, les banques privées ne veulent plus prêter à la Grèce ou alors à des taux d'intérêt très élevés sur les marchés financiers, par exemple de l'ordre de 14,5 % en avril 2011 (le taux passe à 16% en mai…), pour les prêts à 10 ans, alors que l'Allemagne emprunte à 3,2.%. On crie au secours quand l'Italie doit payer 7,45% d'intérêts actuellement…mais la Grèce ??
    La situation va continuer de se dégrader au fur et à mesure qu'il apparaît qu'elle ne parviendra pas à rembourser et à exécuter ses plans de rigueur.
    Les acheteurs traditionnels de la dette grecque, " les zinzins " (caisse de retraites, fonds d'épargne, compagnies d'assurances, investisseurs privés…) se détournent de l'achat des titres de cette dette, pourtant très prisée du fait de la hauteur des taux, mais devenue dangereuse au cas où la Grèce déclarerait forfait. La situation apparaît comme étant grave dès 2010, tandis que les créanciers sont principalement les banques allemandes puis françaises dont la Société Générale, la BNP, le Crédit agricole.
    Si la Grèce devait sortir de l'euro et retrouver le drachme, elle s'affranchirait certes de ses dettes, mais n'aurait plus aucune possibilité d'emprunter, et surtout n'aurait plus de productions exportatrices, la zone euro les ayant balayées.(biens manufacturés, ciment, produits chimique et pharmaceutiques….)

    La Grèce n'a donc plus aucune chance de se financer par l'emprunt pour rembourser une dette totalement fabriquée.

    -d)L'aide européenne


    Il ne restait plus que la BCE, le FESF (fond européen de stabilité financière crée en mai 2010) et le FMI….
    Le FMI s'empare en effet de la question de la Grèce avec les Etats de la zone euro et " vole à son secours " ( !) dit-on en mai 2010. En fait la FMI vient au secours des banques mais pas de la Grèce.
    Les responsables ci-dessus ne voient en effet plus qu'une solution : imposer à la Grèce des plans de rigueur du même type que ceux qui ont été imposés à la Roumanie (par les bons soins de DSK), l'Espagne, le Portugal, l'Irlande. L'un des premiers plans de rigueur auquel le parlement grec se soumet et qu'il vote en mai 2010 prévoit :
    -la diminution du salaire des fonctionnaires (- 10 %) ;
    -la diminution des pensions accordées aux retraités (- 10 %) ;
    -le recul de 5 ans de l'âge légal de départ à la retraite (65 ans contre 60) ;
    -la réduction des investissements publics et des dépenses de fonctionnement de l'État ;
    -la création de nouveaux impôts et de nouvelle taxes, hausse de 10 % des taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool ;
    -la hausse de la TVA de deux points (23 % contre 21 %, et contre 19 % avant mars 2010) ;
    -la baisse des dépenses de l'armement de 2,5 milliards d'euros en deux ans.
    Mais tout cela n'est rien en comparaison du plan imposé en octobre 2011.
    La Grèce est sommée également de vendre une partie de son patrimoine, d'abord par une tranche de 50 Mds d'euros, pour rembourser sa dette. Ceci dans une période de récession, où il est prévu que, dans ce pays, le PIB diminue encore en 2011.
    D'autres plans de rigueur vont être votés, tous plus criminels les uns que les autres, car ils aboutissent à la fermeture d'entreprises, de commerces, à un chômage massif et à assécher la rentrée des impôts.
    Par exemple, en septembre 2011, la Troïka exige (le Monde du 20-9-11)

    -la rupture de tous les contrats en CDI
    -la mise au chômage technique dans les organismes publics
    -le gel des retraites en 2015
    -la fermeture de 30 organismes publics (les mis au chômage n'auront que 60% de leur salaire)
    -le paiement des impôts via la facture d'électricité
    Moyennant l'application drastique de ces plans successifs, la Grèce devait recevoir un prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans, en mai 2010, du FMI et de la zone euro. En octobre 2011, 65 Mds seulement ont été versés, et il est question de prévoir une autre tranche " d'aide " si les autorités de la zone euro constatent des progrès dans l'application des plans de rigueur qui s'échelonnent depuis 2010.
    Athènes indique en octobre 2011 qu'il lui faut 60 Mds d'euros pour couvrir les intérêts de la dette publique et payer ses fonctionnaires.
    L'application des plans de rigueur successifs est pourtant de plus en plus difficile face à une hausse continue du chômage et de la contestation sociale. Il faudrait d'énormes excédents budgétaires, ne serait-ce que pour pouvoir payer les intérêts des emprunts…
    Les plans de rigueur ne sont donc pas la solution pour résoudre le dit endettement de la Grèce. Que veulent donc les autorités ci-dessus ??
    e)Mais l'Europe veut toujours plus de plans de rigueur et….recapitaliser les banques.
    -Le chien de garde des banques, Standard Poor (lire le § consacré aux agences de notation), dégrade la note de la Grèce en mai 2011, pour faire pression sur la Grèce, et indique " il faut restructurer la dette ". Ce qui signifie que les créanciers doivent renoncer à environ 50% des créances. L'effondrement boursier qui accompagne cela (sept-octobre 2011) constitue une pression de plus pour accréditer le bien fondé des exigences vis-à-vis de la Grèce. En même temps le FMI annonce dès juin 2011 la nécessité de " recapitaliser " les banques. L'un ne va pas sans l'autre, mais un jeu de rôle se développe, chacun faisant comme si ces mesures étaient inutiles ou absurdes. On attend un signe qui rende la chose urgente. Ce sera la chute attendue de Dexia, la banque franco-belge en octobre 2011. Le marché financier est en effet persuadé que la Grèce ne peut pas s'en sortir. Si on veut garder cette dernière dans la zone euro, il faut couvrir sa dette sous peine d'explosion financière, ou sociale. Pour ce faire, il faut alléger la dette, à condition de préserver les banques.
    Que veut dire recapitaliser ? Renflouer les banques en capitaux propres. Les marchés financiers ne prêtent plus facilement, ils attendent la notation des agences. Les Etats commencent par répondre, pour la galerie, que c'est aux banques de trouver à se recapitaliser. En réalité chacun sait que les Etats doivent payer pour cette recapitalisation. Une radio, France info, faisait dire à un commentateur le 9-10-11 que l'Etat devait trouver l'argent nécessaire à cette recapitalisation. Tout bonnement. En plus des plans de rigueur imposés dans tous les pays à des degrés divers, il faudra aider à recapitaliser les banques…. De façon remarquable, la gauche française reprend à son compte tous les ingrédients de cette question et promet de faire de l'endettement le point central de son programme.
    En l'absence d'un gouvernement européen, le FESF pourrait prendre ici tout son sens puisque la BCE " ne peut " pas jouer le rôle traditionnel d'une banque centrale de " prêteur en dernier ressort " (bien qu'elle ait fait déjà des entorses aux interdictions qui lui sont faites). Mais l'Allemagne n'est pas cet avis. Les deux jours de grève générale en Grèce les 21 et 22 octobre 2011, qui se sont soldés par un mort, ont fait apparaître que la Grèce ne pourrait pas payer " sa dette " ni ses intérêts, et que le peuple se moquait de ces discussions. D'autant que l'aide promise n'a jamais été versée, ou quand elle a été versée, c'était en paiement des intérêts, donc pour les banques… Mais, nous dit-on, celles-ci doivent donc accepter des pertes évaluées à 50% de leurs prêts… et se recapitaliser ! Grotesque. Le paiement des intérêts a déjà largement ou pratiquement couvert les prêts initiaux. Cela on n'en parle pas.
    Les Etats européens qui devaient alimenter le FESF, pour venir en aide aux Etats en difficulté, vont peut-être se récuser et de toutes façons cela n'est pas suffisant. La Grèce est ainsi acculée à une éventuelle faillite qui, contrairement à ce que l'on dit, pourrait enfin lui permettre de décider de son sort librement hors de l'euro, avec certes des faillites retentissantes puisqu'elle est devenue totalement dépendante du marché européen et a perdu toute autonomie. Mais le peuple grec retrouverait la possibilité de créer de petites activités leur permettant de vivre de façon indépendante…


    Puis il y a eu le coup de Trafalgar du 28 octobre 2011.


    La veille du 28-10, le socialiste Papandreou donne son accord pour un nouveau plan de rigueur à la communauté européenne. Tout va bien pour l'euro.
    Le 28 c'est la fête nationale de la journée du NON en Grèce. Des tribunes sont érigées dans les villes pour que les officiels fassent des discours en hymne à la résistance passée. Pour les centaines de milliers de gens qui sont dans les rues, la seule résistance actuelle est celle contre les plans de rigueur. Ils s'emparent des tribunes, descendent le Président de la république d'une tribune de Salonique et lui disent " traitre ! ". Et tout le peuple fait de même dans tout le pays.
    Papandréeou affolé ne veut pas devenir le martyr du peuple. Il annonce sans concertation qu'il va lancer un référendum sur le plan de rigueur. Les marchés financiers plongent. Merkel et Sarkozy s'indignent " Mais comment comment ? Tout ça sans nous avertir ? Alors c'est nous qui allons poser LA question pour le référendum ! ". C'est l'aveu de la manipulation à venir. Mais les caricaturistes ne rient pas !!! Ils sont bien plus occupés par le 2-11, intervenu opportunément : l'attentat contre Charlie hebdo… Ils n'ont pas eu le temps de s'esclaffer et se précipitent sur l'occasion d'un beau dérivatif... En fait, ce qui les fait rire est ailleurs.
    La parade sera trouvée. Papandreou va démissionner et laisser le soin à un autre gouvernement vaudevillesque de se coucher devant la Troïka... Les marchés vont remonter, et, puisqu'il n'y a plus rien à piller pour l'instant en Grèce, leur armée d'avant-garde, les agences de notation, vont se précipiter sur une autre proie, l'Italie ! Bien joué ! Berlusconi mis en minorité, obligé de démissionner, qui peut s'en plaindre ? Quel beau coup ! Ce que la gauche n'a pu faire, les voyous des marchés financiers le font, ce sont les meilleurs balayeurs !… Et comme des chiens renifleurs, les crocs aiguisés, les voilà qui tournent autour de la France … mais les bons toutous français assurent qu'ils vont de suite présenter un autre plan de rigueur. Et les parlements espagnols et portugais se précipitent et votent d'eux-mêmes d'autres plans de rigueur. Que voilà donc des gouvernements dociles, prêts à prendre le thé avec les mafieux de la finance internationale ! Comme ils sont mignons ! " Voulez vous encore un plan de rigueur, avec un zest d'obligations françaises ? Mais si mais si… "
    Ridicule, à mourir de honte.
    Mais d'autres, autour de l'aile avancée du PS français, disent (le Monde du 11-11-11p 25) qu'il suffirait que la BCE déclare " Nous allons jouer notre rôle de prêteur en dernier ressort " et couvrir toutes les dettes d'Etat, contre les canons du libéralisme, pour que les marchés financiers soient mis " aux pas " et que la spéculation cesse et que les taux baissent ! ….OUI oui, une broutille, et trop tardive, il faudrait bien d'autres gestes, dont le contrôle immédiat de la circulation des capitaux, la nationalisation des banques et la séparation de leurs activités de dépôts d'avec celles de leurs investissements, et sans doute une mise en cause de la zone euro ?…. Mais le peuple grec ? Il n'a rien à faire de tout cela. Que va-t-il faire ? Sombrer dans le désespoir ou destituer le gouvernement, sûr de sa nouvelle force ? Comment un gouvernement peut-il venir à bout d'un peuple dans ces conditions ? Si ce n'est par les armes (Rocar le 4-10-11) ? Ou bien le peuple s'organise en assemblées populaires et fait face… ?

    novembre 2011 AMC

     

     

    Le plan de "sauvetage" (c'est à dire de destruction, prédation, chaos...) de l'Europe et du FMI, en vue "d'aider" (c'est à dire de "dépecer") la Grèce..!

    (Les Mondes de début février 2012)

    Après le 30-1-12, la Grèce, avec un gouvernement de droite, refuse la proposition allemande d'un commissaire européen à la Grèce, et de la présence à Athènes de Bailleurs de fonds (l'argent qui arriverait à Athènes serait immédiatement géré par des fonctionnaires européens qui en organiseraient le retour vers les banques européennes..), c'est à dire une mise sous tutelle ! Ce n'est pas nouveau dans l'histoire grecque.

    Volonté affirmée de la Troïka (Bruxelles, BCE, FMI) de diminuer les salaires du privé pour payer une dette qui ne fait que s'accroître mécaniquement du fait des intérêts à payer et de la récession. La dernière solution: vendre le pays par morceaux.

    Le premier plan d'avril 2010 était de 80 milliards d'euros; le second décidé en octobre 2011 est de 130 mds, mais au profit des banques européennes...

    "Le patient est déjà presque mort, il faut le tuer et lui prendre tous ses biens" ! Ainsi s'exprime Varoufakis un économiste de l'Université d'Athènes. Cela s'appelle "sauver le malade".

    Les créanciers privés effaceraient 100 mds de dettes et renonceraient à 70 % de leurs créances, à condition dit la Troïka de mettre le salaire minimum à 750 euros mensuel, de négocier "hors conventions collectives", de couper dans le budget de la défense et de la santé, de supprimer 150000 emplois dans la fonction publique (les journalistes sont tellement stupéfaits du chiffre qu'ils se trompent et parlent une fois sur deux de 15000 emplois) y compris par le licenciement. Tout cela pour rendre la Grèce plus compétitive ! A longueur de discours le FMI explique que la baisse du salaire minimum doit renforcer la compétitivité. Même l'archevêque d'Athène a mis en garde... (Le FMI est-il en train de donner une leçon de marxisme sur le rôle des très bas salaires dans l'extorsion de plus-value ?)

    Le coût horaire de la main d'oeuvre dans l'industrie, selon Natixis (le Monde du 8-2), est de 25,43 euros en Italie, 33,10 en Allemagne (sans salaire minimum et une pléthore de précaires), 21,70 en Espagne, 10,3 au Protugal, 16,6 en Grèce...

    (il ne s'agit nullement dans tout cela de faire payer des impôts à ceux qui n'en payent jamais, comme les armateurs, l'église, des grands propriétaires et certaines professions libérales....)

    Mais.. les créanciers privés s'opposent à l'effacement de leurs créances si la BCE ne couvre pas la perte. En effet la BCE qui a racheté des créances grecques à bas prix pour 35 et 55 mds d'euros (70% de leur valeur), pourrait si la Grèce finit pas payer sa dette, faire un gros bénéfice (le fait de racheter une créance à bas prix n'efface pas le montant de la créance). Aux dernière nouvelles, la BCE cèderait ces créances aux créanciers actuels.... fructueuses affaires sur les créances!!

    Il y a aussi, dit la Troïka, trop de petits commerces, de petites entreprises... (trop de petites gens ! Tout cela n'est pas assez capitaliste...)

    Il faut signer un accord, absolument avant le 12 -2 ... avec le gouvernement grec, il faut qu'il s'engage par écrit. Les 4 ministres d'extrême droit démissionnent (bien vu..), deux autres secrétaires d'Etat du Pasok font de même... Mais les députés vont voter dans la nuit, protégés par la police et le PC (!) malgré une véritable insurrection à Athènes (les libertaires disent que 35 bâtiments ont été brûlés)

    Que veut Bruxelles ? Faire un exemple pour le Portugal, l'Espagne, L'Irlande, l'Italie, La France ??? Mettre à genoux le salariat et le petit peuple au profit d'une poignée de chacals ?

    14-2-12