(correspondre à l'aide de infos@marx21siecle.com, )
Brienne et moi, Michel Peyret, avons pensé utile d'ouvrir un
débat le plus large possible à ce sujet à partir de la note
ci-dessous, débat dans lequel nous prendrons notre place.
Merci de faire
parvenir vos interventions, opinions, contributions, autres textes à l'adresse
ci-dessous :
Les Conseils ouvriers?
Pour demain aussi ?
Pourquoi?
Donnez votre opinion.
Note ci-dessous largement inspirée de Wikipédia,
Histoire
Les premiers conseils ouvriers (ou soviets) apparaissent en Russie au cours
de la révolution de 1905, mais leur origine remonte au vétché[2],
un terme qui est synonyme de soviet dans l'ancien russe, et qui « correspondait
à une sorte de diète, organe principal de la puissance politique
de la cité »[3].
En février 1917, la reformation des soviets aboutit au renversement du régime tsariste. Mais les soviets nexerceront jamais réellement le pouvoir : de février à octobre 1917, le pouvoir est détenu par un « gouvernement provisoire » dirigé par Kerensky. Le mot d'ordre défendu par les bolcheviks est alors : « Tout le pouvoir aux soviets ! ». À partir d'octobre 1917, le pouvoir est détenu par des « commissaires du peuple » dirigés par Lénine.
Les conseils ouvriers apparaissent aussi en Allemagne en novembre 1918. Ils obligent l'armée à signer un armistice avec la France. Les conseils ouvriers d'Allemagne sont battus en janvier puis en mars 1919 (voir aussi : révolution allemande). Ils apparaissent au même moment en Alsace, Hongrie (lors de l'épisode de la République des conseils de Hongrie) et en Italie en 1920. A chaque fois, ces insurrections prolétariennes ne durent que quelques semaines ou quelques mois et sont rapidement anéantis. En 1921, les marins de Kronstadt se révoltent contre le pouvoir bolchevik pour défendre celui des soviets : ils seront écrasés par la répression.
On voit plus tard réapparaître des conseils ouvriers en Hongrie en 1956 (contre le pouvoir stalinien de la République populaire de Hongrie, lors de l'insurrection de Budapest), en France en mai 1968, ainsi qu'à nouveau en Italie en 1969.
À partir de 1968, le terme de conseils ouvriers commence à être remplacé par celui d' assemblées ouvrières, puis d' Assemblées Générales. A partir de 1973, on parle en Italie d' assemblées autonomes, dans le sens où ces assemblées ne sont pas contrôlées par les syndicats. Les assemblées autonomes subsistent en Italie jusqu'en 1979 : elles regroupent toutes sortes de travailleurs, mais aussi des chômeurs et des étudiants.
En France, c'est le terme de coordinations qui est utilisée en 1986 pour désigner les assemblées de cheminots et d'infirmières en grève. Mais contrairement aux conseils ouvriers du début du siècle, ces assemblées de travailleurs ne prennent pas une forme insurrectionnelle. L'Assemblée Générale est seulement considérée comme une forme d'organisation. Il en est de même pour les assemblées de grévistes qui se sont constituées en 1995. Parfois contrôlées par les syndicats, ces assemblées se sont limitées à un cadre purement revendicatif.
Fonctionnement
Les conseils ouvriers fonctionnent selon
les principes de la démocratie directe. Ils rassemblent l'ensemble des
travailleurs dans des assemblées de base. Les élus de ces assemblées
sont mandatés, doivent rendre compte de leurs activités devant l'assemblée,
et sont révocables à tout moment par l'assemblée.
Le
conseillisme
Article détaillé : Communisme de conseils.
Les conseillistes sont ceux qui prônent le pouvoir des conseils ouvriers. Il sagit en premier lieu des communistes de conseils, parfois désignés aussi comme « conseillistes » : courant d'extrême gauche, ses théoriciens les plus connus sont Anton Pannekoek et Paul Mattick (ce courant se revendique aussi parfois de Rosa Luxemburg). On peut également citer le luxembourgisme, qui défend la démocratie des conseils. Dans cette lignée, les situationnistes ont également milité pour le pouvoir des conseils de travailleurs.
Des anarchistes comme Gustav Landauer et Erich Mühsam, qui ont l'un et l'autre participé à la République des conseils de Munich en 1919, se sont aussi déclarés partisans des conseils ouvriers.
Hannah Arendt a aussi défendu le conseillisme, notamment dans son Essai sur la révolution, avec une nuance toutefois : elle prône toute forme de conseils constitués spontanément, et non spécifiquement des conseils ouvriers. Elle a parlé de « ces conseils révolutionnaires - conseils douvriers et de soldats - qui depuis plus dun siècle apparaissent avec une parfaite régularité dans le champ daction de lhistoire, dès que le peuple dispose pour quelques jours, pour quelques semaines ou quelques mois, de la chance de suivre son propre entendement politique sans être mis en laisse par un parti ou sans être mené par un gouvernement. »
De Jean-François Autier et Michel Peyret
8 avril 2010
NOUS SOMMES LE PEUPLE !
COMITÉS DE LESPOIR ET DU CHANGEMENT
Parce
qu'ils ne tiennent aucun compte de nos votes, que nous ayons refusé de
nous inscrire sur les listes électorales ou que nous nous soyons abstenus,
nous sommes la majorité absolue du peuple de France.
« La
souveraineté nationale appartient au peuple », proclame la Constitution
de la République française. En osant faire un coup d'État
contre le vote de la majorité absolue des Françaises et des Français
du 29 mai 2005, les « élites » qui nous gouvernent se sont
disqualifiées. Comme sont disqualifiés les managers de tous poils,
responsables de cette crise du capitalisme qui leur permet de rendre les riches
encore plus riches, en plongeant toujours plus les peuples dans les guerres et
la misère.
Mais notre refus de participer à leur simulacre
de démocratie, notre rejet de tout le système ne suffisent pas :
ils osent prétendre que nous nous désintéressons de l'avenir
du pays. Mais le pays, cest nous !
A l'instar de ceux qui nous ont
précédés, que ce soit en 1789 avec les cahiers de doléances,
les états généraux et la Révolution française,
ou en 1871 avec la Commune de Paris, premier état prolétarien au
monde, ou encore à la Libération avec le Conseil national de la
Résistance et ses avancées sociales aujourd'hui en voie de disparition,
il est maintenant indispensable que nous nous organisions.
« Quand
le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple
et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable
des devoirs. », proclame l'article 35 de la Déclaration des droits
de l'Homme et du citoyen de 1793.
Dans les entreprises, les cités,
les quartiers, les villages, avec toutes celles et ceux qui voudront y participer,
recensons ce qui ne peut plus durer, ce dont nous ne voulons plus ; ébauchons
la société française dans laquelle nous voulons vivre ; et
pour la nommer et la réaliser ensemble, créons nos comités,
désignons des représentants révocables :
assez de pillages
et de misères, assez de jeunesses sacrifiées, les richesses produites
par le peuple doivent revenir au peuple !
Ce texte est à chacun
de celles et ceux qui sy reconnaîtront, le signeront, le feront signer,
le feront circuler ; il nappartient à personne (individu ou organisation)
en particulier. Il en est de même des comités qui pourront se créer.
jean-francois.autier@wanadoo.fr & michel.peyret@gmail.com
INTERPELLE PAR CE CRI, UN CAMARADE NOUS A ECRIT:
Naturellement, mon but n'est
pas de contester la validité des démarches militantes d'où
qu'elles viennent, et surtout je ne veux froisser personne. Bien au contraire.
Simplement, je voulais vous faire de la part de désespérance qui
me touche à voir de toutes origines des initiatives sans doute légitimes
et judicieuses mais qui ne sont pas coordonnées et donc perdent en efficacité.
Depuis
une dizaine d'années se décompose le parti auquel j'ai appartenu
pendant plus de 30 ans. Cette décomposition coïncide avec les reculs
sociaux qui nous touchent de plein fouet.
La démonstration est donc
faite que l'absence d'un véritable parti des travailleurs laisse la voie
grande ouverte au capital, et il ne se prive pas de casser le social!
Naturellement,
je ne prône pas l'avènement d'un grand timonier qui pourrait rassembler
tous les communistes en rupture de PCF (où qui y adhèrent encore).
Simplement, j'entretenais, jusque là, un espoir de voir se regrouper les
militants organisés dans divers groupes et coordinations en une association
nationale dûment identifiée avec un président des secrétaires
un trésorier (selon le principe répandue de l'association loi de
1901). Association déclinée dans les départements et les
localités ayant, de fait, des moyens financiers plus importants jusqu'à
présenter, dans des secteurs ciblés dans un premier temps, des candidats
à certaines élections.
A un moment, j'avais cru comprendre
que l'on travaillait à l'organisation d'assises du communisme sans doute
tombées aux oubliettes...J'avais cru comprendre qu'il était possible
de dépasser certains désaccords qu'entretiennent parfois entre eux
des camarades, à l'égo surdimensionné et voulant ne surtout
perdre leurs zones d'influence...
Je constate que malheureusement rien ne se
passe comme j'aurai pu l'espérer.
Je me dis, la plupart des animateurs
des différents groupes s'approchent de la retraite (ou y sont déjà)
ce qui n'est pas en soi un handicap si par ailleurs le jeunesse est prête
pour la relève, mais est-ce vraiment le cas !
Je me dis...Je me dis...
Bien sûr, je ne devrais pas faire part de mon "désespoir"
tant celui-ci peut être contagieux comme disait Paul Eluard à Madeleine
Riffaud sous l'Occupation.
Mais il faut bien que je m'explique.
Pour autant,
je continue de trimbaler mes idées et mes coups de gueule, dans ma boite,
au syndicat CGT auquel j'adhère, dans mon entourage familial, professionnel
ou autre.
Je participe (quand je peux, ce qui est rare) aux réunions
"Rouges vifs" ou du PRCF; j'anime un blog... enfin voilà...
Mes
sincères amitiés,
La lutte continue !
REPONSE DE JEAN-FRANCOIS AUTIER
Bonjour,
Pour l'avoir vécue,
pour la rencontrer très souvent chez nos camarades, je crois que je comprends
ta désespérance. Et, si j'en crois mon expérience vécue,
il me semble que nous ne sommes pas à égalité face à
cette désespérance : chacun de nous, parce qu'il est singulier,
y fait face comme il peu ; en témoignent tous celles et ceux qui ont complètement
disparu depuis qu'ils ont quitté le PCF dans lequel ils ne se reconnaissaient
plus.
Au risque de paraître pédant, ce constat, pour être
compréhensible, me semble devoir être inséré dans la
crise globale du capitalisme que nous vivons : le moment où les contradictions
permettant l'existence d'une réalité contradictoire (la société
capitaliste, donc pas seulement le système d'exploitation, mais aussi les
institutions et les institutionnels [y compris partis, syndicats, etc.] structurant
son existence, et les individus qui la composent) se sont développées
de manière telle qu'elles ne peuvent plus rester ce qu'elles sont, qu'elles
ne peuvent plus redevenir ce qu'elles étaient, qu'elles exigent un nouvel
équilibre, donc une nouvelle réalité contradictoire.
Autrement
dit, ce que tu nommes désespérance me semble être l'expression
que les contradictions avec lesquelles tu t'es battu jusque-là se sont
développées de telle manière, qu'elles appellent un changement
qualitatif de l'individu combattant.
Sortir de la désespérance
me semble passer par une démarche personnelle s'articulant sur au moins
2 piliers fondamentaux :
- d'une part, une réflexion critique sur toutes
les tentatives connues pour en finir avec le capitalisme, que ce soit nos pratiques
françaises (nous qui étions en stand-by depuis Yalta), que sur celles
d'autres peuples, en n'occultant pas l'échec de l'URSS et ce qui a permis
le stalinisme ;
- d'autre part un retour aux sources, notamment un retour à
Marx ne le trahissant plus, ce qui implique d'en finir avec un certain nombre
de conceptions antimarxistes, par exemple notre concept étroit de classe
ouvrière, ou encore le virage pris par Lénine et Trotsky à
Kronstadt et qui a ouvert la voie au stalinisme.
Sommes-nous prêts
à ce travail ? Les organisations ouvrières qui ont accompagné
le développement du capitalisme y sont-elles prêtes ?
Ne sommes-nous
pas plutôt disposés à un raidissement, tentés par un
illusoire retour en arrière ?
Sommes-nous prêts à critiquer
(pour nous et les générations montantes) nos errements, la façon
dont nous nous sommes fourvoyés dans cet accompagnement du capitalisme
en expansion, par exemple, fin des années 60, la CGT abandonnant l'abolition
du salariat et du patronat ?
Bien évidemment, cet abandon syndical a
ses équivalents politiques...
Comme le capitalisme, les organisations
de lutte du mouvement ouvrier sont elles aussi en crise : ce qu'elles sont devenues
ne permet pas de trouver une réponse à la crise du capitalisme.
Pour cela, le peuple de France a besoin de nouveaux outils.
Or, globalement,
les recherches pour créer ce nouvel outil copient l'essentiel de l'outil
d'hier en fin de vie : au plan politique, la prise du pouvoir et son exercice
à la place du peuple auquel la nouvelle organisation révolutionnaire
va apporter la conscience, et au plan économique, les nationalisations.
Pouvoir
du peuple ? Appropriation sociale ? Connais pas. Si l'on voit bien la continuité,
on cherche désespérément la rupture.
Autrement dit, ces
recherches se concentrent dans la poursuite de ce qui a fait faillite ! Marxiste
cette démarche ?
Comment expliquer, alors que la défaillance
des organisations ouvrières est patente, alors qu'en face, le capitalisme
maîtrise les moyens d'intoxication idéologiques comme jamais auparavant,
comment expliquer que 72 % des Françaises et des Français jugent
négativement le capitalisme (octobre 2009, ils n'étaient que 65
% en 2005) ? Comment expliquer que la majorité absolue du peuple de France
rejette le simulacre de démocratie électorale alors même que
les organisations ouvrières appellent à y participer ? Comment expliquer
qu'aucun parti politique, à ma connaissance, n'ait appelé "coup
d'État" le viol de la souveraineté du peuple de France démocratiquement
exprimée le 29 mai 2005 ? Comment expliquer que toutes les formations politiques
se réclamant du mouvement ouvrier et qui en avaient les moyens, aient participé
à l'élection européenne qui entérinait le coup d'État
?
Le divorce, entre le peuple de France et les organisations du mouvement
ouvrier qui ont accompagné le capitalisme dans son développement,
est patent. Ce n'est pas de ces organisations que vient la lumière, mais
c'est du peuple lui-même qu'elle émane ! Tout simplement parce que
c'est du mouvement de la réalité que naissent les idées...
Sommes-nous prêts à ce constat, prêts à ce qu'il
implique de démarche nouvelle, de confiance dans le peuple exerçant
lui-même le pouvoir ?
Au moment même où les forces productives
matérielles et humaines ont atteint un niveau de productivité tel
qu'elles sont capables de produire pour que chacun ait selon ses besoins, permettant
enfin de passer au communisme, sommes-nous prêts au communisme ?
Sommes-nous
prêts à passer de l'administration des hommes à l'administration
des choses ?
Dans la France d'aujourd'hui, où 92 % de la population
active est salariée, une conception marxiste n'oblige-t-elle pas à
considérer que 90 % au moins s'activent à la réalisation
de la plus-value d'une manière ou d'une autre, et à le prendre en
compte ? La réalisation de la plus-value, on oublie trop souvent que c'est
la seule chose qui compte pour le capitalisme : pour lui, la production de la
plus-value n'est qu'accessoire.
La classe de celles et ceux qui permettent
que se réalise la plus-value existe en soi, représentant plus de
90 % de la population active française.
Pour faire la révolution,
il faut qu'elle devienne classe pour soi.
A-t-elle besoin d'organisation(s)
"révolutionnaire(s)" figées sur le concept étroit
de "classe ouvrière", ou encore sur le concept de "dictature
du prolétariat" ?
"On voit toujours la perfection (réunie)
dans la personne dun vainqueur. Celui-ci passe pour parfait, soit sous linfluence
du respect quon lui porte, soit parce que ses inférieurs pensent,
à tort, que leur défaite est due à la perfection du vainqueur.
Cette erreur de jugement devient un article de foi. Le vaincu adopte alors les
usages du vainqueur et sassimile à lui : cest de limitation
pure et simple. [
] on observe toujours que le vaincu sassimile au
vainqueur, dont il copie les vêtements, la monte et les armes. (1)"
Ce
constat, familier des marxistes, que l'on reconnaît facilement chez nombre
d'exploités, ne se retrouve-t-il pas aussi dans le comportement de la plupart
des dirigeants du mouvement ouvrier ? Non seulement ils singent les dirigeants
capitalistes, mais ils appellent le peuple à participer au simulacre électoral
consacrant l'existence d'un état de droit capitaliste, un état qui
est l'expression de la domination de l'exploiteur sur l'exploité...
Mais
la majorité du peuple fait sécession...
Est-il si difficile de
voir où est l'avenir ?
C'est à partir de ce constat que
Michel Peyret et moi avons crié : nous sommes le peuple ! et invité
ce peuple à s'organiser, comme d'autres l'ont fait avant eux avec succès,
pour s'affranchir de ses chaînes...
N'est-ce pas les peuples qui font
l'Histoire ?
En souhaitant que ce discours soit perçu fraternellement
et qu'il permette la poursuite de la confrontation des points de vue, je t'adresse,
cher camarade, mes cordiales salutations.
Jean-François Autier,
ajusteur
mécanicien retraité,
qui a fait son temps actif et entend tout
faire pour que la relève trouve sa place.
(1) Ibn Khaldoun (1332-1406), "Muqaddima", cité par Youssef Girard.
REPONSE DE MICHEL PEYRET le 11-4-10
Cher camarade,
"A un moment, j'avais cru comprendre que l'on travaillait à l'organisation d'assises du communisme sans doute tombées aux oubliettes...", écris-tu.
Il
n'est jamais trop tard pour apporter son appui aux Assises du communisme qui ont
été initiées en juin 2007 dans le prolongement des présidentielles.
Pour ma part, j'ai rappelé récemment, mais qui a publié
ces textes, et à plusieurs reprises, qu'elles demeuraient pour moi d'une
puissante actualité, je me suis considéré un peu seul à
le faire!
Je rappelle qu'elles se fixaient plusieurs objectifs qui demeurent
dans l'actualité en évolution forte et rapide.
L'un d'entre-eux
était et demeure la réunification de la famille communiste, celle
qui veut rester communiste, aujourd'hui bien dispersée.
Un autre
objectif consistait, et consiste toujours, en l'élaboration d'un communisme
du 21eme siècle, et non d'une resucée de ce qui n'a d'ailleurs pas
été un communisme, tant les concepts de Marx ont pu être maltraités
et défigurés par les régimes qui s'en réclamaient.
Enfin, et parallèlement, il y avait bien sûr également
la construction d'une organisation communiste de ce temps, celui d'aujourd'hui.
Ces trois principales préoccupations ne pouvaient aboutir sans, c'est
évident pour moi, s'élaborer en liaison étroite avec les
évolutions de la société et dans celle de la conscience du
peuple.
Je rappelle souvent un des enseignements essentiels de Marx, dont
on a pas toujours pensé toutes les conséquences concrètes,
à savoir que ce sont les masses qui font l'histoire... et en conséquence
pas les partis, ni les dieux, ni les César, ni les tribuns, comme le rappelle
excellemment l'Internationale.
Je rappelle aussi que j'ai retenu en positif
de Lénine son souci permanent, sinon son obsession, de la nécessité
de se livrer en permanence à l'étude concrète des situations
concrètes et de leurs évolutions.
Le moins que l'on puisse
dire, c'est que la société française n'a cessé d'évoluer
depuis les élections présidentielles, sans considérer ici
les évolutions de plus long terme, par exemple celles qui font que la France
d'aujourd'hui est profondément différente de celle d'il y a 65 ans!
Pour aller vite, je rappelle l'approfondissement conséquent de la crise
du mode de production capitaliste qui se perpétue et, par delà,
l'approfondissement de la crise de toute la société française,
pour ne considérer qu'elle, dans absolument tous ses aspects.
Il
est clair pour moi que le capitalisme essaie d'enrayer cette crise en augmentant
considérablement les prélèvements sur le peuple français
et son travail, sans se contenter des ressources nouvelles provenant de l'énorme
développement de la productivité et des spéculations financières
de toutes sortes..
Dans le même temps cependant, les luttes et les
résistances du peuple français à ces prélèvements
accrus se sont développées jusqu'au rejet pur et simple manifesté
dans le boycottage en croissance forte des élections, mais aussi dans les
luttes, et dans les études d'opinions qui reflètent ces montées
en puissance.
La concordance de la montée des luttes, des abstentions
et des études d'opinion, ne permet pas de douter du niveau de conscience
atteint.
Quand ces études révèlent, ou confirment,
que 72% des Français considèrent le capitalisme comme négatif,
il s'agit d'un précédent dans l'histoire de France et de l'humanité!
Je rappelle que, dans le même temps, la croissance des abstentions s'est
observée dans la quasi-totalité des scrutins.
Ainsi ont-elles
été de 60% aux élections européennes de juin dernier
et de plus de 53% aux dernières régionales ( +15% sur les précédentes
).
Il n'est pas possible, quand on connait l'attachement des Français
aux élections, qui sont un élément marquant de leur culture
et de leur identité, de minorer quelque peu que ce soit cette croissance
des abstentions et le rejet fort de tout le système qu'elles expriment,
tant de sa base économique que de ses superstructures.
Il est peu
de dire que cet évènement politique vient bousculer avec impétuosité
les jeux de théâtre des forces politiques françaises attachées
à la gestion du système, la concurrence entre elles concernant plutôt
la façon de bien servir les capitalistes que les intérêts
des salariés.
Il convient de prendre acte aujourd'hui de cet évènement
historique qui vient bousculer ce train-train et agir en conséquence, c'est-à-dire
sans attendre, ne dit-on pas que l'histoire ne repasse jamais les plats!
Il
m'apparaît, alors que l'essentiel des forces politiques affiche sa faillite,
et que celle-ci est reconnue, qu'il convient d'offrir au peuple une alternative
immédiate lui permettant de poursuivre et de porter à un autre niveau
son intervention et son offensive, en considérant qu'il serait là
indécent de parler seulement de résistance.
Les comités
de base, avec les assemblées générales, les coordinations,
sous les différentes formes que ceux qui y adhéreront sauront leur
donner, sont en effet l'une des différentes formes des luttes révolutionnaires
en France et dans d'autres pays.
D'où cette initiative qui a le
mérite d'exister, et notamment en donnant au peuple les moyens de son action
dans le meilleur entendement des thèse de Marx sur le rôle des masses
dans l'histoire.
Et c'est pourquoi aussi cette initiative, qui se place
tout à fait en dehors de quelque concurrence que ce soit, devrait bénéficier
du soutien de toutes les forces véritablement attentives aux intérêts
du mouvement populaire.
Michel Peyret,
Ancien député communiste de Gironde
De BRIENNE le 15-4-10
Sur les
textes qui figurent ci-dessus, et très sommairement, je suis contre le
principe du "retour au communismpe" ou du "retour à Marx",
selon les expressions consacrées. Si nous avons lancé un débat
sur les Conseils (ou les soviets), c'est précisément pour ne pas
recommencer la vieille gadoue. Je suis pour un bilan du communisme, et un bilan
de la pensée de Marx (ce qui est intéressant, et ce qui ne l'est
pas). Mais les retours nostalgiques à l'ancien pour recommencer la même
chose: NON. Discutons des conseils, c'est ce que Peyret fait pour partie
dans sa réponse.
Je suis contre le "grand parti de la révolution":
voir ce que Mattick en disait: Le parti a semblé être l'instrument
adapté de la représentation des masses; en réalité
en s'adaptant au système bureaucratique (ou au système parlementaire
en Occident), il n'a été qu'un instrument de liquidation des soviets
et d'écrasement des masses. Il est devenu un appareil d'Etat réactionnaire
(en Occident un appareil intégré au capitalisme). On peut en discuter
Je dis : A bas les partis qui divisent et soutiennent le capitalisme, tous sans
exception...!
L'un des interlocuteurs dit que les français sont attachés
aux élections ! Quels français ? Dans les quartiers de banlieue,
il y a parfois eu 10% de votants sur les inscrits aux dernières régionales..
sans compter les non inscrits. Le sous prolétariat, la jeunesse abandonnée,
ne votent pas. Ce sont les quartiers riches ou les milieux infestés par
le "syndicalisme intégré à l'Etat" qui votent.
Le pourquoi d'une impossibilité actuelle d'union de toutes les forces
vives ? "Les partis et syndicats de gauche intégrés à
l'Etat" sont les piliers de la division, du crétinisme politique parlementaire,
du soutien au Capital...
Vous dites quelque part : la Commune de Paris fut
le premier Etat prolétarien de l'histoire. La Commune de Paris, c'est le
peuple, ce n'est pas le prolétariat ! Il y avait assez peu de prolétaires
dans les insurgés qui ont fait la Commune mais bp de ce que Marx a appelé
"la petite bourgeoisie" avec mépris. Il faut appeler un chat
un chat.
Vous avez raison, Michel Peyret, de préconiser des comités
de quartiers et tout ce qui y ressemble.
Je répondrai au monsieur désespéré
qu'il faut préparer les conditions d'assemblées populaires d'où
l'on chassera les partis et syndicats, et où les gens auront le droit d'être
pour l'orientation politique de leur choix sans nous bassiner avec à l'intérieur
des assemblées. Regardons ce qui s'est fait en Argentine en 2001. Intervenons
partout où c'est possible pour gagner sur des points précis et montrer
que le peuple peut rester uni si les partis et syndicats ne s'en mêlent
pas.
Michel Peyret
15 avril 2010
« CE SONT LES MASSES QUI FONT L'HISTOIRE »
Tu nous interroges à juste titre sur « la forme organisationnelle ».
Bien
évidemment, il ne peut d'agir pour nous de lire dans la boule de cristal
des diseurs d'avenir, mais de retrouver en Marx les fondements de ses réflexions
à ce sujet , en étant conscient de ce que, à l'égal
d'autres concepts, ceux-là ont pu aussi être « torturés
», voire « falsifiés » ultérieurement.
Il
m'apparait cependant, après avoir pas mal fait s'entrechoquer diverses
théories, que l'on en vient à une question originelle: qui ou quoi,
dans les sociétés humaines, crée les idées, les pensées,
les systèmes de pensées, les idéologies, les institutions
sous leurs différentes formes...
Si l'on admet, comme
l'exprime excellemment l'Internationale, que ce ne peut être un Dieu, ni
un César, ni un Tribun, il convient de bien admettre également que
ce ne peut être un Parti.
L'IDEOLOGIE ALLEMANDE
Marx
est clair, et ce dès « L'Idéologie allemande » : «
La production des idées, des représentations et de la conscience,
est d'abord directement et intimement mêlée à l'activité
matérielle et au commerce matériel des hommes: elle est le langage
de la vie réelle. »
Il y revient à la première
occasion tant l'enjeu lui semble de première importance: « Les idées
ne sont rien d'autre que les choses matérielles transposées et traduites
dans la tête des hommes. »
Et, s'agissant de l'histoire,
il précise: « L'histoire ne fait rien, c'est l'homme, réel
et vivant, qui fait tout. » ( voir mon article à ce sujet dans «
La Tribune de Michel Peyret » mise à ma disposition dans «
Rouges Midi ».)
CONTRIBUTION A LA CRITIQUE DE L'ECONOMIE
POLITIQUE
Dans la Contribution à la Critique de l'Economie
Politique, Marx développe davantage:
« Dans la production
sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés,
nécessaires, indépendants de leur volonté; ces rapports de
production correspondent à un degré de développement donné
de leurs forces productives matérielles.
« L'ensemble
de ces rapports de production constitue la structure économique de la société,
la base réelle, sur qui s'élève la superstructure juridique
et à laquelle correspondent des formes de conscience déterminées..
«
Le mode de production de la vie matérielle conditionne le procès
de vie social, politique et intellectuel en général.
«
Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine la réalité,
c'est au contraire la réalité sociale qui détermine leur
conscience.
« A un certain stade de leur développement,
les forces productives de la société entrent en contradiction avec
les rapports de production existants, ou, ce qui en est l'expression juridique,
avec les rapports de propriété à l'intérieur desquels
elles s'étaient mues jusqu'alors.
« De formes évolutives
des forces productives qu'ils étaient, ces rapports deviennent des entraves
de ces forces.
« Alors s'ouvre une ère de révolution
sociale.
« Le changement qui s'est produit dans la base
économique bouleverse plus ou moins lentement ou rapidement toute la colossale
superstructure.
« Lorsque l'on considère de tels
bouleversements, il importe de distinguer toujours entre le bouleversement matériel
des conditions de production économiques qu'on doit constater fidèlement
à l'aide des sciences physiques et naturelles et les formes juridiques,
politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques
sous lesquelles les hommes deviennent conscients de ce conflit et le mènent
à bout.
« De même que l'on ne juge pas un
individu sur l'idée qu'il se fait de lui, de même on ne peut juger
une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi; il faut, au
contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle,
par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports
de production.
« Une société ne disparaît
jamais avant que soient développées toutes les forces productives
qu'elle est assez large pour contenir, et jamais de nouveaux et supérieurs
rapports de production ne se substituent à elle avant que les conditions
d'existence matérielles de ces rapports aient été couvées
dans le sein même de la vielle société.
«
C'est pourquoi l'humanité ne se pose jamais que les problèmes qu'elles
peut résoudre, car, à regarder de plus près, il se trouve
toujours que le problème lui-même ne se présente que lorsque
les conditions matérielles pour le résoudre existent ou du moins
sont en devenir. »
FAIRE RESSORTIR LE NOUVEAU
On
comprend dès lors pourquoi ni les élévations de la conscience
des peuples, ni les conditions de la révolution ou du changement de société,
ne peuvent être enfermés dans les élaborations d'un parti
ou d'une organisation qui apporterait de l'extérieur de la société
la conscience de la nécessité de sa transformation?
Par
contre, on peut au contraire concevoir le rôle que peut avoir une organisation
qui aiderait à montrer le nouveau qui est en train d'apparaître ou
de commencer à se construire dans la société elle-même,
plus particulièrement dans son mode de production.
Qui
aiderait également à montrer que le mode de production capitaliste
fondé sur l'existence de la propriété privée et la
recherche du profit est aujourd'hui l'obstacle principal au développement
de toutes les potentialités de la révolution en cours avec l'automation
et l'informatisation de leurs processus de production.
DES POUVOIRS
DE DECISION REELS
Qui aiderait à mettre en évidence
que la libération de ces potentialités exige l'appropriation sociale
et le dépérissement de l'Etat pour donner enfin les pouvoirs de
décision réels, non pas à telle ou telle structure qui perpétuerait
ou remplacerait par d'autres ces instruments de domination sur les peuples, mais
à ceux-là même en mesure de libérer toutes les potentialités
des transformations en cours, et les seuls à pouvoir le faire, parce que
seuls ils en ont la maîtrise réelle et totale, matérielle
et intellectuelle, dans le mode de production.
Qui aiderait à
montrer que les nouveaux progrès de productivité, sans commune mesure
avec les anciens, qui résulteraient de la libération de toutes les
potentialités de l'automation et de l'informatisation, permettraient enfin
de donner les moyens matériels et intellectuels de répondre à
tous les besoins existentiels des êtres humains de notre planète,
d'en finir à la fois avec le salariat et le capital, avec la misère,
les injustices, la sous-alimentation et sous-instruction.
LE
DROIT AU TEMPS LIBRE RENUMERE
Qui montrerait qu'enfin il devient
possible d'augmenter le temps libre de façon considérable, de développer
parallèlement de libres activités selon les besoins et les goûts
de chacun, et d'assurer à chacun un revenu d'existence, associé
à l'extension des gratuités en tous domaines.
Qui
ainsi ferait dès aujourd'hui la preuve que tous les Sarko présents,
passés ou à venir, avec leur « travailler plus pour gagner
plus » font partie des berceuses éternelles du malheur humain, car
qui ne voit que dans les conditions nouvelles, il deviendrait possible de faire
travailler plus les machines si cela s'avérait effectivement nécessaire
pour satisfaire tous les besoins humains, tout en continuant à développer
le temps libre et ainsi les possibilités du libre développement
de toutes les potentialités humaines dans chaque individu.
L'ORGANISATION
DU PEUPLE
Qui ne voit qu'aussi, en gagnant pour la première
fois effectivement que le gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple,
devienne une réalité pour l'ensemble de la société,
cette organisation pourrait elle-même se concevoir dans ce nouveau de toute
autre façon que tout ce qui a pu être connu jusqu'alors, et que c'est
cette organisation qu'il devient nécessaire de construire dès aujourd'hui,
sauf à considérer que le changement de société ne
serait plus à l'ordre du jour alors que l'ancien est déjà
très fortement rejeté.
MONTRER CE QUI EST DEJA
LA
Alors que, également, en de nombreux domaines, des
formes de la nouvelle société existent déjà, qu'il
s'agisse des formes collectives de propriété, comme des formes de
gestion de maintes activités de différents secteurs de la société,
le changement de société consistant alors davantage dans l'extension
de ces formes encore minoritaires que de leur création ex nihilo.
Alors
que nous voyons commencer à se reproduire des effondrements d'Etat tels
qu'ils ont pu se manifester déjà en d'autres périodes historiques,
tout concourt à faire penser que ces changements sont à appréhender
dans ce contexte nouveau qui exclut toute comparaison avec des expériences
d'autres temps.
RIEN N'EST ETERNEL
En ce monde,
et toute son histoire le vérifie, rien n'est éternel, tout naît,
grandit, se transforme, passe par plusieurs états avant de finalement mourir...en
donnant naissance à un nouveau cycle de cette histoire que ceux qui le
vivront inventeront...
Et c'est pourquoi le « Ce sont les
masses qui font l'histoire » est sans doute le concept global qui rend le
mieux compte de tout l'apport de Marx à la compréhension de l'histoire
des hommes.
Spartacus, comme les serfs du Moyen-Age ou les bourgeois
du 18ème siècle, n'avaient pas les mêmes formes d'organisation
que celles qui sont apparues ensuite dans l'affirmation des Etats et des gouvernements
capitalistes.
Ils n'en ont pas moins réussi à impulser
aux différentes étapes les évolutions qui ont permis des
changements de société...
Et aussi pourquoi il
est très difficile de prévoir aujourd'hui ce que seront ces organisations
nouvelles répondant aux besoins des sociétés de demain.
(discussion entre le 1° mai et le 13 mai: éléments..)
Le 1 mai 2010 Michel Peyret :
en réponse à votre mail du
22 avril dernier.
D'une façon générale, Marx a évité
de donner une vue, une anticipation de ce qui pourrait être une société
communiste. Il convient d'en revenir au fameux: "Ce sont les masses qui
font l'histoire", qui me semble essentiel, peut-être le concept le
plus central, le plus général, celui exprimant le plus, le mieux,
la quintessence de l'oeuvre de Marx.
La seule chose essentielle pour Marx
de ce point de vue, c'est que ces masses soient en mesure de décider elles-mêmes
de tout ce qui les concerne, qu'elles aient effectivement tous les pouvoirs de
décisions à tous les niveaux de la société.
"L'émancipation
des travailleurs doit être l'oeuvre des travailleurs eux-mêmes":
nous sommes encore là dans ce qui est le plus fondamental.
Ce sont
les travailleurs qui déterminent leurs besoins et, en même temps,
qui déterminent les moyens de les satisfaire. Tout cela est à la
fois très concret et très intellectuel.
C'est pour cela
qu'il convient que les travailleurs aient la maîtrise concrète et
effective des moyens de production et de tout le processus de production, de A
jusqu'à Z . Et la maîtrise du fonctionnement de la société
doit aussi leur être subordonné.
C'est pourquoi, deux autres
concepts apparaissent au premier plan et conditionnent la libre détermination,
leur émancipation: l'appropriation sociale des moyens de production, des
services, des échanges, les établissements financiers... et le dépérissement
de l'Etat pour aller vers l'auto-administration.
Je souligne au passage
que ces deux concepts n'ont jamais été mis en oeuvre nulle part,
et que c'est en ce sens que l'on peut considérer que la société
communiste n'a jamais existé. Je suis d'accord avec ce que Sève
a pu dire en ce sens et que j'ai repris à mon compte depuis longtemps déjà.
A différentes reprises, j'ai d'ailleurs diffusé assez massivement
ses textes à ce sujet en considérant qu'ils étaient de première
importance.
Je referme pour l'instant cette parenthèse essentielle.
Cela me permet toutefois de réaffirmer que personne ne peut décider
aujourd'hui de ce que pourra être la société communiste, et
notamment avant même que les deux conditions que j'ai dites soient effectivement
réunies, et avant même que les salariés en aient décidé
eux-mêmes.
Penser autrement me semblerait faire du stalinisme sans
le vouloir, ou sans le savoir.
Tout au plus peut-on considérer
les processus en cours dans le mode de production. Je ne sais pas, mais il me
semble que les travailleurs n'abandonneront pas la conception assistée
par ordinnateur, ni l'informatisation, et qu'ils préféreront continuer
à se "débarrasser" des tâches encore indispensables
à la production de ce qui sera nécessaire à la satisfaction
de leurs besoins matériels, pour consacrer le temps libre qui en résultera
à des activités beaucoup plus valorisantes, c'est certainement là
que l'on verra le retour de mêtiers anciens permettant de redonner naissance
à des savoirs-faire de création.
Il me semble qu'il y a
chez vous une certaine sous-estimation de qui peut être produit par la machine,
notamment le moyen de se "débarrasser" de tout ce qui ne peut
être valorisant. Pourquoi faudrait-il renoncer à la machine "intelligente",
y compris capable de se substituer à l'homme dans certaines de ses fonctions.
Je conçois mal tout ce qui pourrait être assimilé à
un retour à la vie et aux activités de l'hommes des cavernes, cela
m'apparaît d'ailleurs tout-à-fait impossible!
Pour moi donc,
le recours à la machine est le moyen de débarrasser l'homme de tout
le travail contraint pour lui substituer des activités choisies, répondant
davantage à des besoins de création, qu'elle soit des domaines variés
de la culture, de la science, de la vie artistique, de la recherche en tous domaines...
Les illusions de l'automation? Et pourquoi les hommes, maîtres de leur
travail et de leurs activités ne serainent pas capables de concevoir cette
automation sans les illusions, ce que vous me dites à ce sujet m'apparaît
bie restrictif.
Le communisme? Je pense avoir dit déjà l'essentiel.
Vous semblez considérer qu'il a déjà existé. Je
m'insurge à cette idée! Où et quand cela pourrait-il avoir
eu lieu?
Marx, à ma connaissance, n'a jamais eu un commencement
de mise en oeuvre de ses concepts. Ce qui a été mis en oeuvre dans
les pays qui se disaient communistes, ce n'étaient pas ses concepts à
lui, mais ceux retravaillés et déformés à souhait
par Lénine, Staline, Mao...
Déterministe Marx! Certes, il
y a cette place du mode de production, mais ce mode de production ce sont les
hommes qui le conçoivent en permanence, et sur cette base en mouvement,
en mouvement incessant, il y a le monvement des idées...et les masses qui
créent l'histoire...
Moi, en Marx, je vois d'abord le mouvement...et
nous n'avons pas encore parlé de la dialectique, des contraires et de leurs
luttes, des sauts et des bonds quantitatifs ou qualitatifs, des processus, de
la rupture/continuité, de la négation de la négation...
La retraite? Mais je vois plutôt la disparition de la retraite! Si je
souhaite avec Marx l'abolition du salariat, comment être pour le maintien
de la retraite?
Il est vrai que nous n'avons pas encore parlé du
revenu de vie en rapport avec le développement du temps libre. Il est vrai
aussi que ce sont des choses qui existent déjà, il suffit donc seulement
de penser leur extention.
Même chose d'ailleurs relatives aux gratuités
et à leurs extentions possibles et nécessaires...
Nous reviendrons,
je pense, sur tout cela.
Réponse le 13-5-10: Brienne
Je
pense que vous prenez le meilleur de Marx et pourquoi pas. Mais si tout était
si clair que vous le dites, je ne comprends pas pourquoi il n'aurait pas été
d'accord avec Bakounine. Ce que vous dites au début au départ sur
les masses qui font l'histoire, c'est Bakounine, y compris sur le dépérissement
de l'Etat. Les "masses, les masses....Mais il y a tous les textes de Marx
sur son mépris des paysans et du peuple qui font tourner la roue de l'histoire
à l'envers, et qui n'ont d'avenir que dans le prolétariat; et là
vous n'en parlez pas. C'est à ce sujet qu'il y avait heurt frontal avec
Bakounine.
Un ami me disait que marx avait écrit pour un congrès
de l'AIT "association libre des travailleurs", oui il l'a écrit
une fois parce que tactiquement cela lui est apparu nécessaire. Mais il
n'était pas pour cette solution trop anar.
Sur le dépérissement
de l'Etat, on en a déjà discuté. Marx le prévoyait
après la phase de dictature du prolétariat; question que vosu éludez
toujours.
Sur l'appropriation sociale, si elle est collective, ok; si elle
est publique, on va droit au stalinisme : tout est possible.
OK pour les techniques
qu'il faut garder ! Je ne suis pas contre les machines qui peuvent soulager la
peine de l'homme, je suis contre le machinisme et le salariat. Je m'en explique
dans mon site largement.
Je me réfère au "communisme"
effectif et non à celui dont vous rêvez en vous appropriant le meilleur
de Marx. De toutes façons, le meilleur a bien existé dans son esprit,
mais sa lutte acharnée contre Bakounine a donné le ton dans tout
le mouvement ouvrier. La haine des communistes contre les anarchistes a été
impulsée par Marx en premier lieu. Il avait bien recommandé à
Engels de ne reconstruire une 2ème internationale qu'en excluant les anars.
OK avec vous sur la disparition des retraites avec celle du salariat, mais
pas avant. C'est très bien que vous le disiez.
Vous avez fait un
autre papier sur les retraites que j'ai survolé par manque de temps. Vous
avez tendance à privilégier la déclaration et non l'analyse.
Je crois qu'il faut aujourd'hui expliquer ce qui se passe en Europe: les prêts
massifs aux gouvernements servent à rembourser les banques européennes,
et avec le jeu des taux d'intérêts les Etat qui prêtent vont
encore y gagner; mais pendant ce temps on va pressurer le peuple grec et maintenant
le peuple roumain, et demain ce sera les espagnols, les portugais, les français..
Tout
cela pour sauver les banques à nouveau sous couvert de sauver l'euro...
Discussionj